peinture

Hervy-Vaillant : les Codexocolors

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Un lieu d’exposition secret, niché au fond d’une cour parisienne, dans une charmante maison sur deux étages : tel est l’écrin choisi par le peintre Hervy-Vaillant pour Codexocolors, son solo show regroupant 30 ans de création.

Que voir concrètement lors de cette exposition ?

Le mot Codex signifie : recueil officiel. Est-ce à dire que nous allons voir uniquement ce que le peintre veut bien exposer, nous donner à voir dans le cadre d’une présentation officielle et convenue ? Cela serait mal connaître ce peintre et son galeriste Arnaud Faure Beaulieu car ces deux là ne sont jamais là où on les attends.

Hervy-Vaillant-Its-tea-time-

Des dessins et  des peintures s’étalant sur une période aussi vaste dans un lieu restreint il fallait oser car d’emblée le visiteur doit fouiller dans les cartons, faire preuve de curiosité, explorer, ne pas hésiter à demander des précisions à l’artiste quand celui-ci est présent. L’accrochage réunit plusieurs thématiques, dont les Bâches, Tapisseries et Vapeurs…

Les oeuvres sont exposées selon une scénographie qui s’adapte au lieu : une maison particulière en duplex où  régulièrement des expositions d’art contemporain sont organisées par le biais de l’association LAMAC dont nous parlerons plus en détail dans un prochain article (Nous ne montrons pas encore de visuels du lieu afin de vous laisser la surprise).

Hervy-Vaillant-La-Palme-NB-No-Mad-Galerie-

L’exposition Les Codexcolors est  construite sur le mode du contraste, de l’écho : des oeuvres explosant de couleurs sont accrochées à côté d’oeuvres extrêmement sobres par exemple. On y voit des petits et grands formats, différentes séries réalisées à différentes époques coexistent de façon diachronique. On y croise des corps, des lumières, des matières, beaucoup de couleur…peinture ou photographie ? Parfois le peintre se joue affectueusement de nous.

En effet nous sommes mis en confiance par la sérénité du lieu, la bienveillance des hôtes et devant l’oeuvre d’Hervy-Vaillant à la fois lumineuse et colorée on pourrait croire qu’il s’agit d’une énième exposition de plus, avec des oeuvres jolies et décoratives. Mais il n’en est rien et il faudrait être le dernier des crétins pour ne pas comprendre que derrière son apparente consensualité, l’exposition brise les codes de la rétrospective et surtout réussi  à communiquer ce qui anime son auteur : un peintre libre, à la curiosité jamais inassouvie qui réussi à nous présenter de façon fluide une oeuvre réalisée en permanence sur le fil.

Hervy-Vaillant-Candy-Crush-I-2016-Feutre-sur-papier-arche-

Parfois la complexité, la nuance, la réflexion s’incarnent de façon simple et évidente.

Il faut aller voir l’exposition d’Hervy-Vaillant, prendre le temps de regarder ses oeuvres pour comprendre comment il a transcendé des expériences chaotiques, comment il a tenté de compte de la complexité de l’existence. Devant les oeuvres de ce peintre  la célèbre phrase de Maupassant vient à l’esprit : »la vie ce n’est jamais si bon, ni si mauvais qu’on croit ».

Venez donc vous (re)découvrir 30 années de peinture : c’est très bon.

Voir l’événement Facebook

Hervy-Vaillant / Les Codexocolors

du 5 mai au 29 juin 2017 : finissage le 29 juin à partir de 17h.

(uniquement les jeudis, vendredis et samedis de 17h à 20h et sur rdv au 07 50 66 58 12
ou au 06 23 04 28 37)

En partenariat avec LAMAC, cette exposition aura lieu au :

10 rue Marc Seguin 75018 Paris (Intérphone « 336 » puis « sonnerie »). Métro Ligne 12 Marx Dormoy

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Quartier du livre 2017 : André Markowicz et Orsten Groom, d’orbes en orbes poétiques et picturales

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Jusqu’au 24 mai 2017 , dans le cadre de la manifestation Quartier du livre, venez à la rencontre du poète et traducteur André Markowicz et du peintre Orsten Groom.

Les deux artistes présentent un événement, constitué d’un livre intitulé « Orbe », publié aux éditions A/Over, et dont l’éditrice est Peggy Viallat-Langlois et d’une exposition qui accompagne et prolonge la sortie de l’ouvrage.

André Markowicz / Orsten Groom

Le projet éditorial d’Orbe se décline en effet en deux beaux objets précieux et en une exposition : un livre et un coffret, entièrement réalisés à la main, à tirage numéroté, 40 exemplaires, pour lequel le peintre Orsten Groom a réalisé autour des poèmes d’André Markowicz, des dessins des tableaux, six au total,  que vous pourrez voir et même acquérir à l’espace Concordia jusqu’au 24 mai 2017.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore André Markowicz, sachez qu’il s’agit d’un auteur et traducteur prolifique et inspiré qui a traduit tout Dostoïevski ainsi que de nombreux auteurs anglais, russes et même…chinois !
Sa page Wikipédia est très fournie mais le mieux est de le rencontrer en chair et en os lors de cet évènement. Ce sera d’ailleurs la seule rencontre parisienne a laquelle il participera.

Orsten Groom

Quant au peintre Orsten Groom nous avions déjà consacré un article à sa peinture, toujours consultable ici. Vous pouvez en savoir plus sur son travail en consultant son propre site.  Figure majeure de la scène indé en peinture, les tableaux qu’il a réalisés pour l’occasion traduisent dans son langage pictural personnel de peintre, les mots d’André Markowicz. Le résultat : une transsémiose réussie et évidente qui matérialise aussi bien la fraternité d’esprit existant entre les deux artistes et produit, pour notre plus grand plaisir, dans le monde physique des tableaux résonnants et réminiscents. A découvrir.

Orsten Groom

Mais qu’est-ce qu’une orbe me direz-vous ? Pour André Markowicz : « L’orbe, c’est l’idée du cercle, bien sûr, du serpent, mais c’est aussi le monde (urbi et orbi), c’est là que ce cycle a pris un titre : non pas « le cycle de l’orbe », mais tout simple, ces cinq lettres — « Orbe ». Et soudain, là, quand l’évidence s’est faite que c’était juste un mot, sans article, j’ai entendu derrière un autre mot, yiddish, Hurbn, la Catastrophe, qui désigne ce qu’en français, après Lanzmann, on appelle « Shoah ». Et, de fait, il y avait dans ce cycle deux textes explicitement liés à la Catastrophe, deux textes liés à Pâques : le premier avait été écrit tout de suite après celui dont je viens de citer le début, et il était venu parce que j’avais été très dérangé par des cris d’enfants qui jouaient autour d’une fontaine et qui m’empêchaient de travailler. D’un coup, j’avais senti qu’il y avait des cris d’enfants qu’on n’entendait pas — et que c’étaient ces cris silencieux qui faisaient l’air que nous respirons, ces cris qui nous font respirer notre honte  » (texte publié dans Partages I, 19 avril 2014).

Orsten Groom

Attention événement le vendredi 19 mai 2017, à 19h, André Markowicz lira le poème Holocauste de Charles Reznikoff. Ce recueil de poèmes a été écrit à partir des enregistrements du procès Eichmann et des témoignages saisis lors du procès de Nuremberg. André Markowicz a réalisé sa propre traduction qu’il nous dévoilera lors d’une lecture qui s’annonce d’ors et déjà riche en émotion.

Cette exposition-événement est soutenue par le Crous de Paris qui met à disposition des artistes l’élégante résidence Concordia, un ancien cloître doté d’un très beau jardin hors du temps.

L’exposition est en accès libre.

Jusqu’au 24 mai 2017, tous les jours jusqu’à 20h, ouvert également le week-end

Orbe – André Markowicz / Orsten Groom – A/Over

Résidence Concordia

41 rue Tournefort 75005 Paris

Métro Censier Daubenton et Place Monge

En savoir plus sur la page de l’évènement

Le quartier du livre, 5e édition, c’est par ici.

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La YIA Young International Artists : Yesterday is aujourd’hui

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Lundi 24 avril 2017 s’est achevée à Bruxelles la 9e édition de la Yia, (Young International Artists). Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore cette foire d’art contemporain internationale audacieuse, créée en 2014, qui se décline à l’international ((Maastricht, Bruxelles, Bâle et Paris) voici une petite présentation agrémentée de focus et de coups de cœur.

Le concept de la YIA est d’aller  à la rencontre des amateurs et des acheteurs d’art contemporain. Jeune foire dont la renommée ne cesse de croître, elle s’exporte aussi au-delà du continent puisqu’elle ouvrira à New York en 2018 à l’occasion de FRIEZE et du TEFAF.

Elle constitue une occasion à la fois sympathique et accessible de découvrir des galeries et des artistes, c’est pourquoi un article s’imposait afin de faire connaitre et reconnaitre ce rendez-vous incontournable. Quoi de plus noble en effet que ses objectifs : soutenir les galeries et les artistes engagés dans la création, la diffusion et la promotion des arts visuels.

OYE

A noter que la YIA soutient également  les arts numériques, l’année dernière une édition spéciale leur avait été consacrée à la Cité Internationale de Paris en parallèle de l’édition parisienne qui avait eue lieu au Carreau du Temple. Sur le salon de Bruxelles, on remarquait la présence du label OYE visual art qui présentait  des œuvres d’art numériques incroyables comme Fluence de Dylan Cote et Pierre Lafanechère ou encore  Ilah de l’artiste Lilith.

Voici nos coups de cœur pour cette édition bruxelloise :

Florent Groc
Florent Groc

Florent Groc , ancien graphiste, né en 1987 et ses paysages fantasmés. C’est sa curatrice, Lisa Toubas, également journaliste pour pointcontemporain.com qui  en parle le mieux : « A travers ses dessins et peintures, Florent Groc ouvre ainsi le champ de la création au-delà de la pure imitation. Ses œuvres deviennent des images fantasmées, et les éléments de la représentation (issus de notre réalité) deviennent les composantes d’une mise en scène. Une mise en scène dans laquelle les rapports conflictuels entre l’Homme et la Nature sont implicitement évoqués. » Pour en savoir plus, voir son site www.florentgroc.fr

Thomas Van Reghem (NO MAD GALERIE) à qui nous  avions déjà consacré un article sur ses œuvres intégrant des matériaux comme la cendre, la terre. Le plus : Thomas était présent sur la totalité du salon afin d’échanger avec les visiteurs.

HU BE
HU BE

Ses créations côtoyaient les verrières délicates de Cyprien Chabert et les œuvres de l’artiste HU BE qui pour l’occasion a réalisé en direct une performance pleine de poésie : une fresque murale qui nous a permis de découvrir son style particulier. En savoir plus sur le site de la NO MAD GALERIE.

Virginie Trastour

 

 

Myriam Mechita

Remarquées aussi les œuvres de Myriam Mechita et Virginie Trastour  sur le stand de la galerie Résidence 87.

Pixote
Pixote

Au niveau des galeries étrangères, BY NIGHT GALLERY  présentait « The Path » exposition personnelle de l’artiste brésilien Pixote. L’exposition est visible le 27 avril sur rendez-vous à Paris sur réservation. Réservation ici : info@bynightgallery.com

La galerie néerlandaise Fontana présentait le solo show d’Inez de Braw

Un seul article ne saurait  refléter toute la richesse de ce salon donc notre récession sera forcément sélective et subjective. La richesse de la YIA réside en effet  dans sa diversité et sa sélection  variée qui tendent à refléter les tendances actuelles  et à venir. Yesterday is aujourd’hui est d’ailleurs son slogan.

Voici une vidéo qui reflète d’ailleurs bien ce parti-pris :

Vidéo by Bazar Magazin, chaine you tube 

A noter que la Yia attribue également un prix , le prix Art Yia Art Fair décerné à chaque édition. Nous reviendrons plus en détail sur le lauréat prochainement.
Les prochaines éditions de la YIA seront :
YIA ART FAIR#10 – basel
35 Galeries / 100 artistes représentés / 1 000 m2 d’exposition
Du 15 au 18 juin 2017 (Pendant Art Basel et Liste)
LE BASEL ART CENTER (A TROIS MINUTES A PIED D’ART BASEL)

YIA ART FAIR#11 – paris
55 Galeries / 250 artistes représentés / 2 000 m2 d’exposition
Du 19 au 22 octobre 2017 (Pendant la FIAC)
LE CARREAU DU TEMPLE (QUARTIER LE MARAIS)

En savoir plus : http://yia-artfair.com/

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Orsten Groom « ODRADEK » : venez à la scène indé

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Juste à côté du Centre Pompidou,  au 24 rue Beaubourg plus précisément, dans une grande galerie de 300 mètres carrés, idéalement située près du Marais et qui constitue un écrin parfait pour les toiles grands formats qui y sont exposées, venez découvrir l’exposition « ODRADEK » du peintre Orsten Groom, commissariat Paul Ardenne. L’occasion de vérifier si « il n’y a rien de si caché qui ne se découvre à la fin » (Machiavel) en exerçant votre œil. L’exploration est immersive et  jouissive, il vous sera difficile de rester indifférent face à tant de créativité et d’intensité.

MOLA G MOLVA
MOLA G MOLVA
130-x-195-cm-Huile-et-Glycero-sur-toile

C’est une exposition pour laquelle on pourrait conseiller de jouer le jeu : celui de l’observation, celui de ne pas chercher à tout comprendre, tout de suite, peut-être même celui de ne pas chercher à interpréter, de ne pas chercher du tout. La nature a horreur du vide, là-dessus pas de problème, les toiles sont bien remplies, cependant la tentation est grande de réorganiser l’apparent chaos, le charivari alors qu’il suffirait peut-être d’appréhender progressivement par petites unités la toile et ce qui la constitue.

 A première « vue » en effet, les toiles sont pariétales, constituées d’accumulations, on pourrait les dénoter comme  de mystérieux fatras, d’aucuns pourraient les connoter hermétiques, les traiter de superposés jouant avec les codes de l’opaque et du schéma tandis que d’autres songeront au Carnaval, aux Danses Macabres et à l’Apocalypse . Le grand public, qui découvre de plus en plus la scène indé en peinture, du moins en France, passe ici un agréable moment. Les collectionneurs et les « avertis » sont déjà au courant mais ne boudent pas leur plaisir pour autant. Il faut dire que la programmation du 24 rue Beaubourg est pointue cette année. Le 24 Beaubourg est un vraiment un lieu à découvrir et à visiter, immense, avec une ambiance particulière : l’espace du rez-de-chaussée est une galerie souterraine composée de plusieurs cellules qui font songer à des caves. L’originalité du lieu sert l’exposition et la scénographie des grandes toiles d’Orsten Groom.

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Pour en revenir aux peintures en elles-mêmes, on pourrait croire que picturalement  « c’est le bordel » alors que pas du tout, Paul Ardenne, le commissaire d’exposition d’« ODRADEK » évoque même une « rigueur extrême ». Nous sommes face à une prolifique diversité, à un bouillonnement dont l’intérêt réside autant dans l’énergie qui se dégage de la peinture, – qui évoque parfois le gouffre, parfois une sorte de désespoir coloré mais jamais en mode calme plat et grand miroir qui berce–  que dans la sollicitation permanente du regard du visiteur, actuellement peu habitué à ce déferlement.

Orsten Groom aime beaucoup la peinture de tradition flamande: les primitifs, Bosch, Brueghel pour le « carnaval » et le grotesque, il aime aussi Rubens et surtout Jordaens pour la saturation des compositions complètement bourrées. Ce qu’il apprécie chez Ensor c’est évidement le grotesque, le macabre et la saturation de la lumière. Mondrian reste cependant sa plus grosse influence : « Je fais des équivalents de Mondrian, mais par l’envers, le bariolé – des Mondrian révulsés » dit-il.
Il apprécie aussi beaucoup la peinture allemande contemporaine car il considère que depuis la fin de la guerre c’est actuellement la peinture la plus fraiche, saine, radicale, nécessaire car elle prend en charge son histoire. Cette démarche rejoint d’ailleurs la sienne :  le peintre s’étant engagé dans un régime de récapitulation mythologique, historique et archaïque.

La peinture d’Orsten Groom c’est « une peinture qui envoie », mâtinée d’un savoir-faire acquis sur les bancs de l’école des Beaux-Arts de Paris mais aussi dans sa pratique régulière en atelier, au début dans des conditions spartiates, depuis peu dans un atelier visitable, sur rendez-vous, en banlieue parisienne.

Ainsi les motifs et les représentations apparaissent progressivement pour peu qu’on prenne le temps de regarder, voire de scruter le tableau avec au choix de l’attention, de l’intention mais aussi un peu de lâcher-prise, le tableau révélant ses mystères de façon aléatoire et spontanée. Ce qu’il y  de génial dans la peinture d’Orsten Groom c’est que les règles du jeu ne sont pas fixes, elles sont évolutives, tout dépend du moment, du regard, des références et des codes de chacun tandis que la peinture obéit de son côté à ses règles intrinsèques.

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Par exemple si vous suiviez le peintre sur Facebook vous sauriez que ses toiles poussent littéralement comme des petites fleurs le matin comme on peut le constater, photo à l’appui. Au crépuscule, elles prennent encore d’autres teintes et aspects, comment sont-elles en plein soleil ? Dans le cadre de l’exposition, on voit régulièrement apparaitre de nouvelles choses, on remarque ou on (re)découvre. On ne se lasse pas de regarder les toiles d’Orsten Groom car elles se réinventent  sans cesse à la façon d’un organisme vivant. Les formes  s’agencent entre elles selon le désir de la toile, dixit le peintre qui réellement « exécute » les directives qu’elle lui transmet,  ainsi qu’il nous l’a expliqué lors de la visite de son atelier (bientôt une vidéo sur la chaîne You Tube de Galeriemoi).

 

Le peintre Orsten Groom, photo Orsten Groom

Mais qui est Orsten Groom ?

Nous allons tenter de fournir un portrait en mode fatras : Orsten Groom est donc l’alter ego de Simon Leibovitz  Grźeszczak,  admirateur de Mondrian, de Gustave Moreau et de Jordaens, ainsi que de Dépêche Mode et qui atteindra ses 40 ans dans environ 5 ans, peintre privilégiant les couleurs primaires, de culture russe, polonaise et juive, rescapé d’un accident cérébral qui l’a conduit à intégrer à l’insu de son plein gré le club particulier de ceux qui côtoie le petit et le grand mal et la 2e année des Beaux-arts sans souvenirs aucun de la première année ni des années précédentes d’ailleurs.

On ne le qualifiera pas forcément de jeune car il a déjà vécu trop de vies pour être novice : cinéaste, musicien, chanteur dans un groupe, écrivain, il peint depuis 10 ans, peut-être 20 mais il ne s’en souvient pas à cause de son accident cérébral, en vit depuis deux, possède comme signes distinctifs n’ayant rien à voir avec la peinture d’être stakhanoviste, chevelu et plutôt beau gosse.

Ne demande jamais rien à personne. C’est son 4e solo show. Passe d’un canard à la représentation d’une colonne vertébrale, de l’évocation d’Osiris à des ombres portées de rats, ça gicle, ça gifle et ça explose.

Sait peindre mais aussi jouer la comédie, du piano, de la guitare et même de la balalaïka, réaliser des films de A à Z (du montage à la fabrication des décors et des acteurs, il a créé entièrement le personnage de son film BOBOK, un mannequin en silicone, film primé par ailleurs) son nom d’artiste fait partiellement  référence à  Lucky Luciano et Orson Welles.

Il est aussi passé par le Fresnoy et aux Beaux-arts sa pratique de la peinture était ogresque.

Prochainement il exposera au MUBA Eugène Leroy de Tourcoing, non sans avoir organisé un concert de rock le 1er mai 2017 au 24 rue Beaubourg, et animé une lecture-conversation  avec André Markowicz le 28 avril 2017 au même endroit (d’autres conversations publiques sont prévues : le 25 avril avec Paul Ardenne qui sera aussi présent lors du finissage le 2 mai, le 29 avril avec Vincent Corpet, voir le calendrier en bas de cet article).

Le peintre aime lire. Beaucoup. Doit  sans doute lire un livre tous les 3 jours. D’ailleurs « ODRADEK » qui donne son titre à l’exposition fait référence à une courte mais géniale nouvelle de Franz Kafka. Pour les curieux, c’est par ici.

 Son actualité à venir : en mai 2017, il présentera à la Résidence Concordia le recueil de poèmes d’André Markowicz « L’Orbe » qu’il a illustré d’un cycle de tableaux et de dessins. En septembre 2017 il exposera à l’Hôtel de Ville avant plusieurs grandes expositions au Luxembourg mais aussi à Bruxelles et en Allemagne où plein de projets se mettent actuellement en place  en savoir plus sur son site.

DAS-NERVEN-KÖNIG-VON-NIRGENTWO-60-x-50-cm-Huile-et-Glycero-sur-toile

Un jour il partira vivre définitivement en Allemagne. En attendant, il vous attend jusqu’au 2 mai à la Galerie située au 24 rue Beaubourg Métro Rambuteau.

Courez-y c’est pas tous les jours qu’il se passe un truc.

Plus d’information :

Orsten Groom
Odradek

Commissariat Paul Ardenne

19.04.17 > 02.05.17

VERNISSAGE JEUDI 20 AVRIL de 18h à 21h

Plusieurs événements rythmeront l’exposition :

RENCONTRE AVEC PAUL ARDENNE (Commissaire, critique, historien d’art)
MARDI 25 AVRIL – 19H

RENCONTRE AVEC ANDRÉ MARKOWICZ (Poète, traducteur)
VENDREDI 28 AVRIL – 18H

RENCONTRE AVEC VINCENT CORPET (Artiste)
SAMEDI 29 AVRIL – 18H

Ainsi qu’un CONCERT DE ARLT pour le 1er Mai, à 18-19H

FINISSAGE MARDI 2 MAI en présence de Paul Ardenne

Dossier de presse, avec un texte de Paul Ardenne.

 Adresse : 24 rue Beaubourg; métro Rambuteau, entrée libre.

Ouvert tous les jours de 10h à 19h (+ sur rendez-vous), 21h les soirs de rencontres, vernissage et finissage.

 

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Les Prévert en famille au Pavillon Vendôme

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C’est à une exposition riche en émotions que nous convie Eugénie Bachelot Prévert jusqu’au 18 mai 2017, au Pavillon Vendôme, centre des arts  à Clichy la Garenne. Quoi de plus émouvant en effet que de plonger dans une histoire familiale ? Et quand il s’agit d’une lignée d’artistes tels que la famille Prévert, autant dire qu’ on en prend plein le cœur et plein la vue.

Eugénie Bachelot Le Christ au Ventre Rond , 1998, acrylique sur papier peint des années 70, 200 x 150,5

Dans ce lieu chargé d’histoire transformé en centre d’art, l’exposition « Les Prévert en famille » nous offre à voir des œuvres méconnues, inédites et originales. Eugénie Bachelot-Prévert expose aussi bien ses propres peintures, en grand format et riches en couleurs, que les collages de son grand-père, Jacques Prévert, que les travaux originaux de sa mère Michèle (dessins, broderie, illustrations). C’est une lignée où on tombe dans l’art dès l’enfance, d’ailleurs les productions artistiques de ses propres enfants sont également intégrées à cette exposition. Ainsi quatre générations dialoguent, proposent, explorent et nous enchantent. A noter qu’elle fait suite à celle précédemment organisée en décembre 2015 Cité Véron dans l’appartement-musée occupé jadis par Jacques Prévert.

Cette fois-ci Eugénie Bachelot Prévert investit le Pavillon Vendôme pour continuer d’explorer l’héritage artistique familial, de façon pudique et pertinente. Elle nous fait découvrir et partager ses propres découvertes.

Michèle Prévert, sans titre, 1978, gouache sur papier, 50×32

On est saisi par l’explosion de créativité qui se transmet sur plusieurs générations et qui émane des œuvres exposées (que ce soit les études pour textiles de sa mère Michèle présentées pour la première fois ou les cartes collages que réalisait Jacques Prévert pour ses proches ou ses propres toiles qui intègrent la dimension du collage et sa fascination pour le Mexique ainsi que sa passion pour la couleur). Une exposition riche, foisonnante, vivante.

La couleur est partout  et elle vibre : elle irradie des tableaux d’Eugénie comme des études de sa mère Michèle et des collages et dessins de son grand-père, le célèbre Jacques.

Eugénie Bachelot – El Nuevo Mundo – 2016 – Acrylique, collages et huile sur toile – 195 x 130 cm

Cette passion et cette maitrise de la couleur s’expliquent en partie par une enfance bercée celle-ci. Il y a vraiment une filiation entre les œuvres exposées : par exemple les études textiles de Michèle étaient très colorées mais incluaient aussi des petits détails qui les font ressembler à des collages. Les petits détails se retrouvent aussi dans une grande toile d’Eugénie Bachelot où se mêlent la prédominance de la couleur rouge et le foisonnement de petits éléments collés (voir photo).

Les correspondances entre les œuvres sont abondantes, tels des fils qui lient et relient les différentes générations, une sorte de constellation familiale artistique. La scénographie de l’exposition semble avoir été pensée comme un va-et-vient entre passé, présent et même futur. Première salle les tableaux d’Eugénie puis les collages de Jacques Prévert, ses dessins, les créations de Michèle Prévert puis à nouveau les créations d’Eugénie. L’histoire ne s’arrête pas, elle se transforme et continue.

Détail amusant, une partie de l’exposition partage une pièce avec une sorte « d’inventaire à la Prévert » (pardon pour le jeu de mots facile) : les innombrables objets dérivés de l’entreprise BIC qui avait son siège social à Clichy la Garenne.

Bon jours Eugénie, Jacques Prévert, 1974, collage sur papier imprimé, 22,7 x 32,2

Ce qui est touchant  c’est que pour réaliser cette exposition Eugénie Bachelot-Prévert s’est donc livré à un véritable travail d’archiviste, plongeant dans des greniers, des archives, déterrant des trésors. Elle a mené un travail conséquent de recherches et de réflexions. Le résultat est enthousiasmant, on ressent le message suivant devant ce vibrant hommage : vive la vie.

Jacques Prévert était proche d’Aimé Maeght. C’est donc tout naturellement que pour la visite guidée du vernissage de l’exposition, elle a souhaité la présence de sa petite-fille Yoyo Maeght qui a fourni un éclairage pertinent et captivant sur les pièces présentées. Galeriemoi a eu la chance d’assister à cette visite et nous proposerons bientôt sur notre chaine You Tube un petit film qui vous permettra de découvrir cette intervention. Vous y apprendrez de nombreuses anecdotes et verrez un aperçu de l’exposition mais le mieux c’est d’y courir.

Jusqu’au 18 mai 2017

Eugénie Bachelot, sera au Pavillon Vendôme pour des visites guidées aux dates et horaires suivants :

·         Le jeudi 20/04 de 14h00 à 16h00

·         Le mercredi 26/04 de 14h00 à 16h00

·         Le vendredi 12/05 de 14h00 à 16h00

 

Le chargé des publics et de l’atelier pédagogique du Pavillon Vendôme vous propose une visite guidée de l’exposition suivie d’un atelier de pratique artistique et de découverte des techniques plastiques en lien avec l’exposition.

·         Samedi 25 mars de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 16h00

·         Samedi 22 avril de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 16h00

·         Samedi 06 mai de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 16h00

 

Renseignements pratiques :

7     rue du Landy 92110 CLICHY
Tél. : 01 47 15 31 61
Ouvert du lundi au samedi de 9h à 18h sans interruption.
Fermé le dimanche et les jours fériés.
office-de-tourisme@ville-clichy.fr
www.clichy-tourisme.fr 

 Accès : métro Mairie de Clichy, bus 54, 74, 138, 174, 274, 341, 340

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On ne dormira jamais (du moins aux expositions de la Galerie de la Voûte)

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On ne dormira jamais lors des expositions de la Galerie de la Voûte et heureusement !
(C’est la pleine lune toute la fin de la semaine et au début les artistes avaient prévu le coup avec un dernier jour d’exposition le 18 mais la galerie de la Voûte a décidé de la prolonger jusqu’au 25 mars 2017 devant le succès rencontré)
Et si Tamina Beausoleil, Corinne Borgnet, Cornelia Eichhorn, Iris Gallarotti et Nathalie Tacheau avaient voulu nous prévenir et nous proposer à la place de Morphée de nous plonger dans leurs œuvres pour meubler nos nuits sans sommeil ?

 

Corine Borgnet

Corine Borgnet nous permettra de relire avec bonheur « Psychanalyse des contes de fées » de Bruno Bettelheim, elle dont l’œuvre est tournée vers l’enfance avec des sculptures ludiques et décalées parsemées çà et là dans la galerie de la Voute comme les petits cailloux du Petit Poucet.

Nathalie Tacheau

Une sorte de fil conducteur vers les œuvres de Nathalie Tacheau, toutes constituées de collages rapprochés, superposés, déformés sur le thème du conte ?
Ici on prend conscience qu’un conte a besoin d’une audience et comme nous sommes dans les arts plastiques c’est le regard de l’Autre, à savoir vous, visiteurs de cette exposition, qui jouerez ce rôle permettant aux œuvres de Nathalie Tacheau de vous exposer leur histoire.

 

Les nuits de pleine lune on se ment mais on s’en lave les mains : on dit que l’on va dormir or nous savons que non.

Iris Galarotti

C’est à nous, insomniaques récurrents, que s’adresse Iris Galarotti qui nous emmène dans le territoire trop familier de la lente fuite des heures : ses œuvres sont toutes habitées par la mémoire du corps et de l’esprit, par un va et vient continuel entre réminiscence et reconstruction des souvenirs. Quand on ne dort pas, on est comme ivre, la perception sensorielle se joue de nous, nous sommes les marionnettes de notre corps à la façon des somnambules.

Cornelia Eichhorn

C’est là que Cornelia Eichhorn prend la relève. Elle sait que les œuvres servent à révéler ce qu’il y a de plus intime chez un être humain. Notre corps voudrait bien dormir, se raconter des histoires. Cornelia Eichhorn ne dément pas l’analyse de Bruno Bettelheim sur la fonction du conte dans les sociétés. Elle accepte qu’ils aident à construire, à avancer, à grandir parce qu’ils mobilisent toutes nos ressources « de la pensée aux muscles » et surtout parce qu’ils sont synonymes d’engagement. Nous sommes à la limite du sommeil dans tous les moments de notre vie : que ce soit quand nous laissons faire par manque d’énergie ou de courage, que lorsque laissons perdre, pourrir et persécuter. Mais n’oubliez pas qu’on ne dormira jamais lors de cette exposition : Cornelia Eichhorn nous renvoie des œuvres dont les protagonistes sont torturés soit par leur posture, leur action ou leur environnement.

Ils incarnent les dysfonctionnements des relations et valeurs humaines. On voudrait dormir, clore le regard, être lâche moralement et dans nos muscles. Mais elle nous maintient les yeux grands ouverts avec ses œuvres, nous rappelant la nécessité d’être vigilant.

Tamina Beausoleil

Le conte et l’art permettent d’accéder au merveilleux. De voir au-delà des apparences, de se questionner sur nous-mêmes, les autres, notre rapport aux humains et à l’animalité dont nous sommes issu car après tout l’homme est un mammifère. Dans l’attente du sommeil on peut donc redécouvrir une réalité quotidienne et la ré-enchanter. C’est la bien-nommée Tamina Beausoleil, dont le patronyme est comme l’annonce d’un jour nouveau radieux, qui à travers ses dessins, collages, peintures à l’huile et photographies, nous invite à nous questionner, principalement sur le rapport constant entre l’animalité et l’humanité. Les images créées par Tamina Beausoleil jouent sur l’hybridité, la polysémie, la poétique, la sémiologie.

Elles sont oniriques tout en nous bousculant. Décidément non on ne dormira jamais devant cette exposition.

Venez donc découvrir ces œuvres originales qui par leur effet catharsis, par leur message incitatif « explore-toi toi-même » vous aideront surement, à un moment ou à un autre, de dormir enfin.

Tout en restant à l’affût.
On ne dormira jamais / Galerie de la Voute Jusqu’au 25 mars 2017
42 rue de la Voûte 75012 Paris métro Porte de Vincennes
La galerie est ouverte de 15h30 à 19h00, les mardis, jeudis, vendredis et samedis
Visite possible sur rendez-vous. +33 (0)6 09 94 49 60 (SMS préférables)
Site internet : http://www.galeriedelavoute.com/

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