musée Guimet

Araki au musée Guimet galerie photo

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En complément de notre article sur Araki au musée Guimet voici une galerie photo vous permettant d’avoir un aperçu de cette très belle exposition.

Merci à  l’agence Opus 64 (52, rue de lArbre-Sec, 75001 PARIS) et au musée Guimet.

Retrouvez notre article sur l’exposition ici.

Fleurs (Flowers), 1985 / 2008, impression numérique, H. 153,7 cm ; L. 101,6 cm, Yoshii Gallery, inv. YG-11016-NA © Nobuyoshi Araki
Fleurs (Flowers), 1985 / 2008, impression numérique, H. 153,7 cm ; L. 101,6 cm, Yoshii Gallery, inv. YG-11016-NA © Nobuyoshi Araki
Tokyo Tombeau, 2016, H. 35,6 cm ; L ; 43,2 cm, épreuve argentique noir et blanc © Nobuyoshi Araki
Tokyo Tombeau, 2016, H. 35,6 cm ; L ; 43,2 cm, épreuve argentique noir et blanc
© Nobuyoshi Araki
Kinbaku (Bondage), 1979, épreuve gélatino-argentique ultérieure, H. 42,7 cm; L. 53,2 cm, Taka Ishii Gallery, inv. NA-PH_AbA_036 © Nobuyoshi Araki / Courtesy Taka Ishii Gallery.
Kinbaku (Bondage), 1979, épreuve gélatino-argentique ultérieure, H. 42,7 cm; L. 53,2 cm, Taka Ishii Gallery, inv. NA-PH_AbA_036
© Nobuyoshi Araki / Courtesy Taka Ishii Gallery.
67 Retour arrière (No. 159) (67 Shooting Back (No.159), 2007 / 2008, impression directe RP, H. 152,4 cm ; L. 101,6 cm, Yoshii Gallery, inv. YG-10797-NA. © Nobuyoshi Araki / Courtesy Taka Ishii Gallery.
67 Retour arrière (No. 159) (67 Shooting Back (No.159), 2007 / 2008, impression directe RP, H. 152,4 cm ; L. 101,6 cm, Yoshii Gallery, inv. YG-10797-NA.
© Nobuyoshi Araki / Courtesy Taka Ishii Gallery.
Diptyque : amour de Kaori (Kaori Love – Diptych), 2007, peinture acrylique sur deux tirages noir et blanc, H. 55,9 cm ; L. 91,4 cm, Yoshii Gallery, inv. YG-11017-NA © Nobuyoshi Araki / Courtesy eyesencia.
Diptyque : amour de Kaori (Kaori Love – Diptych), 2007, peinture acrylique sur deux tirages noir et blanc, H. 55,9 cm ; L. 91,4 cm, Yoshii Gallery, inv. YG-11017-NA
© Nobuyoshi Araki / Courtesy eyesencia.
Scènes de ciel (Sky Scenes), 1991 / 2000; impression directe RP, H. 28 cm ; L. 42,3 cm, Taka Ishii Gallery, inv. NA-PH_AbA_018 © Nobuyoshi Araki / Courtesy Taka Ishii Gallery.
Scènes de ciel (Sky Scenes), 1991 / 2000; impression directe RP, H. 28 cm ; L. 42,3 cm, Taka Ishii Gallery, inv. NA-PH_AbA_018
© Nobuyoshi Araki / Courtesy Taka Ishii Gallery.

Renseignements pratiques :

Le musée est ouvert tous les jours sauf le mardi, de 10h à 18h.
Evacuation du 3e et 4e étage à 17h30.
Evacuation générale des salles à 17h45.

Musée national des arts asiatiques – Guimet : 6, place d’Iéna- 75116 Paris

Galeries du Panthéon bouddhique : 19, avenue d’Iéna 75116 Paris

INFO ! L’hôtel d’Heidelbach est fermé pour travaux du 16 mars au 21 novembre 2016 inclus.
Le jardin de l’hôtel d’Heidelbach restera aussi fermé afin d’en restaurer les structures et assurer le renouveau de la végétation.
Rendez-vous est donné à tous pour retrouver au printemps 2017 un nouveau jardin japonais autour du Pavillon de thé.

Musée d’Ennery : 59, avenue Foch, 75116 Paris

Information : +33 1 56 52 54 33 (de 10h à 18h les jours d’ouverture au public)




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Araki au musée Guimet : allez-y !

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Araki au musée GuimetDécidément le musée Guimet est plein d’audace en ce moment ! Jusqu’au 5 septembre 2016, il présente une formidable exposition, sans tabou, consacrée à Nobuyoshi Araki, figure majeure de la photographie japonaise contemporaine. Intimiste, érotique, poétique, sincère, enthousiasmante et éclectique, les qualificatifs ne manquent pas pour l’une des premières rétrospectives française de l’artiste japonais, mondialement connu pour ses clichés de femmes ligotées selon la technique du bondage. On ne saurait cependant réduire la foisonnante créativité d’Araki à ces images troublantes de désir. Le musée Guimet a choisi de présenter l’enracinement d’Araki dans la culture japonaise à travers une sélection très originale parmi 50 années de travail, 400 clichés pour découvrir un photographe prolixe à la recherche du moment juste, qui photographie comme il respire.




L’exposition débute par de magnifiques clichés de fleurs, ce qui n’est pas sans rappeler la scénographie identique lors de l’exposition consacrée à Robert Mappelthorpe au Grand Palais où avant de découvrir des clichés érotiques d’une audace infinie, on avait « préparé » l’œil du spectateur avec des images de fleurs photographiées de façon sexuelle, nous ne reviendrons pas sur la connotation de l’orchidée prise en gros plan…

Si cette démarche a pour avantage de jouer le rôle de préliminaires, il serait dommage que cela devienne une habitude à chaque exposition comportant des photos considérées comme « hot ». Certes Araki, à l’instar de Mappelthorpe, a pris des photos de fleurs qui n’ont rien à voir avec des planches de Linné, mais routine et sexualité  font rarement bon ménage d’autant plus quand l’artiste, lui, n’a de cesse de se renouveler. Il serait dommage que cela devienne une astuce de musée signifiant : cher visiteur voici des fleurs ensuite vous verrez des photos érotiques.  Soulignons cependant d’emblée qu’il n’est évidemment pas seulement question de sexe dans cette exposition.

L’amour, la mort, la réflexion sur la création sont tout aussi présents. Araki a produit des polaroids par milliers, il est d’une grande prolixité qui s’explique par ce que Roland Barthes appelait le kaïros du désir : rechercher continuellement le moment juste, ce qui l’amère à prendre sans cesse des photos.

Etre photographe est pour lui un besoin aussi fondamental que les besoins primaires comme respirer, manger, avoir chaud ou faire l’amour. Depuis 50 ans, Araki enregistre sa vie en photo comme une sorte de miroir de son existence. Les photographies ici présentées sont des fragments de son existence et constituent son journal intime.

Lors de l’exposition vous pourrez découvrir la série Théatre de l’amour, datant de 1965 qui comporte une centaine de photos inaugurant sa pratique intimiste de la photographie. Mais c’est les beaux et déchirants Voyage sentimental et Voyage d’hiver, journaux intimes photographiques de son mariage, de sa nuit de noces puis de la mort de son épouse Yoko qui sont les plus émouvants.

L’amour, le désir puis l’absence…cela pourrait être impudique ou voyeur et pourtant rien de tout cela.
Devant ces photographies on ressent une empathie, de la nostalgie et une sorte de partage d’expérience. Que vous ayez perdu un être cher ou non, la nostalgie, une douce et amère mélancolie vous saisira sûrement. Impression renforcée d’ailleurs avec la série consacrée au ciel puisque Araki considérant que sa femme s’y trouve le photographie chaque jour, n’hésitant pas à le peindre ou à le rehausser de couleurs joyeuses si besoin.

Cette série est bien entendu in progress et le musée ne peut nous en présenter qu’un extrait. Cette vision de l’amour très romantique n’est pas la seule présentée dans l’exposition. Araki sait également photographier le désir comme personne comme en témoigne les clichés érotiques très intenses de femmes japonaises entravées selon la technique du Kinbaku (le bondage).


Au sujet des photos mettant en scène ces femmes ligotées, nous aimerions faire un aparté : c’est avec plaisir que nous voyons enfin de vrais sexes, c’est à dire non épilés et formatés selon l’imagerie de l’industrie du porno. Le poil pubien n’est pas sale, il est doté d’un potentiel érotique fort : espérons que les jeunes personnes qui visiteront cette exposition y seront sensibles (et nous sommes sûrs que cela renouvellera le panthéon érotique de certains visiteurs car nous sommes bien ici devant de l’art sublimant la sexualité et non pas devant des images de consommation pornographique). Oui il est possible de faire une photo excitante, sexuelle et absolument érotique sans pour autant objectiver, rabaisser ou humilier une femme. Car bien qu’entravées, cuisses ouvertes et seins comprimées, les modèles photos d’Araki, dont le regard neutre n’exprime ni souffrance ni soumission, semble proposer et non subir.

Il est dit que certaines images peuvent heurter la sensibilité de jeunes visiteurs, nous aimerions rajouter que certaines images peuvent développer la sensibilité des visiteurs et que ces clichés sont en quelque sorte salutaires puisqu’ils présentent une autre facette de l’érotisme, un érotisme venu d’ailleurs, inspiré tout à la fois de la culture japonaise, de la sensibilité de l’artiste et d’une époque que les moins de 25 ans ne peuvent pas connaître.
Pour finir, le poil pubien est quelque chose d’important pour Araki qui a même fait une calligraphie intitulée Eloge du poil pubien visible lors de l’exposition.

Eros et Thanatos sont souvent liés dans de nombreuses cultures et c’est presque logiquement que l’exposition s’achève sur Tokyo Tombeau où Araki se demande quelles photos il pourra prendre après sa mort. Cette dernière partie a été réalisée spécifiquement pour le musée Guimet dans le cadre de cette rétrospective et il s’agit là d’une occasion unique pour le visiteur de découvrir une des plus récentes créations du photographe.

En conclusion, une bien belle exposition, à voir et à revoir, qui présente également des photographies peintes ainsi que des photographies calligraphiées. Cette partie, moins grand public et moins médiatisée, est pourtant l’une des plus intéressantes et c’est sans conteste notre préférée. Au travers de ces pratiques mêlant langage photographique, pictural et littéraire, Araki nous offre une transsémiose élaborée à décoder et méditer, un peu à la façon d’un haiku. C’est tout simplement génial et jubilatoire.

Plusieurs niveaux de lectures d’une exposition sont bien évidemment toujours possibles et c’est la raison pour laquelle nous vous conseillons d’assister aux visites guidées du musée. Espérons qu’Araki au musée Guimet sera prolongé car hélas il ne vous reste plus que quelques semaines pour (re)découvrir cette belle exposition, jusqu’au 5 septembre.

Renseignements pratiques :

Le musée est ouvert tous les jours sauf le mardi, de 10h à 18h.
Evacuation du 3e et 4e étage à 17h30.
Evacuation générale des salles à 17h45.

Musée national des arts asiatiques – Guimet : 6, place d’Iéna- 75116 Paris

Galeries du Panthéon bouddhique : 19, avenue d’Iéna 75116 Paris

INFO ! L’hôtel d’Heidelbach est fermé pour travaux du 16 mars au 21 novembre 2016 inclus.
Le jardin de l’hôtel d’Heidelbach restera aussi fermé afin d’en restaurer les structures et assurer le renouveau de la végétation.
Rendez-vous est donné à tous pour retrouver au printemps 2017 un nouveau jardin japonais autour du Pavillon de thé.

Musée d’Ennery : 59, avenue Foch, 75116 Paris

Information : +33 1 56 52 54 33 (de 10h à 18h les jours d’ouverture au public)

L’exposition bénéficie du soutien du :
shiseido




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