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GIVE ME 5 : l’exposition vivifiante de 5 jeunes photographes

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La Galerie Stardust ne cesse de nous surprendre : en ce début de fin d’année, elle change complètement de registre et laisse place à une exposition express sur 5 jours :

« Give me 5 » donne carte blanche à 5 photographes émergeants aux univers distincts mais qui se rejoignent une fois exposés dans le même lieu. Vous l’aurez compris, le concept est simple et efficace : 5 jours pour découvrir en images 5 visions disparates. Et ça marche !

 

À l’entrée se font face à face les travaux de Clémentine Belhomme et Clément Stalhberger. L’univers plasticien de la première et celui plus fictionnel de l’autre se répondent étrangement bien. Les corps morcelés et surréalistes « d’Anamorphoses » de Clémentine, font face aux personnages tout droit sortis d’une autre époque de Clément. D’une certaine façon le corps est le sujet des deux projets mais mis en scène de deux façons complètement différentes. En grand format, les deux séries ne nous laissent pas indifférents et font une bonne première impression.

© Clémentine Belhomme
© Clémentine Belhomme

« Anamorphoses » nous embarque dans un monde surréaliste avec un focus sur les personnages, les corps, qui l’habitent. Des formes hybrides s’exposent à nos yeux perplexes, et révèlent leurs secrets les plus intimes. Cette série aux tendances un peu voyeuriste nous dévoile un monde fait d’étrangetés et de métamorphoses. Ses montages à base de collage nous font penser à de véritables peintures. On ne s’ennuie pas à essayer de comprendre comment chaque corps hybrides s’est construit, à essayer de reconstruire par nous-même, comme un puzzle pour adulte. Clémentine nous offre ici des photographies picturales et poétiques qui ne nous laissent pas indifférents.

 

 

Extrait de la série "A tomorrow that never was" © Clément Stalhberger
Extrait de la série « A tomorrow that never was » © Clément Stalhberger

Avec « A tomorrow that never was » Clément Stalhberger nous fait remonter et voyager dans le temps. Ses montages aux lumières parfaitement bien léchées nous montrent un monde rétro futuriste si réaliste qu’on s’y croirait. Cette série est une prémonition. Chaque image a son histoire, chaque personnage son mystère. On ressent sans conteste l’influence de la génération science-fiction et on aime ça ! C’est comme si vous regardiez des extraits d’un Blade Runner remasterisé, et qu’en plus vous pouvez les voir à l’infini puisqu’ils restent figés. C’est qui reste le plus épatant aux vues de ces images sont les véritables mises en scènes poussées aux détails près, comme une maquette, d’un monde fantasmé, parallèle, avec ses personnages étonnement réalistes pour leurs époques. C’est comme si le photographe avait voyager dans le futur/passé et l’avait pris en photo pour nous le témoigner. Et franchement, on dirait pas non pour y faire un petit tour !

 

Extrait de la série "Marthon" © Elliot Selwood
Extrait de la série « Marthon » © Elliot Selwood

On passe ensuite dans un univers plus cinématographique et inquiétant avec la série « Marthon » d’Elliot Selwood. Sur de grands formats panoramiques, s’enchaînent des triptyques étranges, comme tout droit sortis d’une pellicule de film. Au fur et à mesure que l’on avance dans l’énigme, un indice se dévoile. Avec ses mises en scène aux lumières spécifiquement pensées, Elliot Selwood scénarise les faces cachées des habitants d’un petit village français. Basée sur des faits divers et mettant en scène des vrais habitants de Marthon, la série dévoile les secrets les plus sombres de voisins paraissant tout à fait normaux. Ajoutez à ça, une courte vidéo filmant l’entrée intrigante dans le village, en voiture, la nuit, surplombée d’une ambiance sonore à coups de respirations saccadées, et vous avez devant vous un véritable thriller photographique. On se croirait propulsés dans un film de David Fincher, où l’on serait passés de spectateur à acteur. On devient les détectives chargés de résoudre les absurdités passées. Et entre nous, qui n’a jamais voulu, intérieurement, endosser ce rôle ?

Extrait de la série "Presque Humain" © Clémence Losfeld
Extrait de la série « Presque Humain » © Clémence Losfeld

On change alors complètement de registre en se retournant et en tombant sur l’ensemble de photographies en noir et blanc de Clémence Losfeld. Partant dans un univers beaucoup plus street photo, elle nous propose, à travers une scénographie très originale en mosaïque, avec différents formats, des extraits d’un monde insolite avec des portraits d’individus et d’animaux en gros plans, louches, morcelés, fantomatiques. C’est une visions décalée et frontale de notre monde d’aujourd’hui qui se dessine sous nos yeux admiratifs. L’instinctivité des images, leur brutalité innocente et inconsciente nous bluffent. Il faut s’approcher des images pour comprendre ce qu’elles représentent. Ce qui nous oblige à nous immerger complètement dedans. Avec « Presque Humain » on se prend à regarder notre société autrement, à voir les petits détails qui nous échappent en marchant dans la rue mais qui n’ont pas su échapper à l’œil aiguisé de la photographe.

 

Extrait de la série "Memento" © Constance Narat
Extrait de la série « Memento » © Constance Narat

On termine alors le tour sur le travail de Constance Narat. Avec sa série « Memento » on a affaire à un véritable roman photo à l’esthétisme des films néo-rétro comme la référence phare de la série : « Lost in Translation » de Sophia Coppola. Elle nous invite à marcher sur une passerelle entre le fictionnel et le réel. Sur le principe du rendez-vous manqué, la série met en scène un couple qui se cherche, dans un autre monde qui s’apparente à l’Asie. On vagabonde entre le périple des deux sujets, remarquant parfois des liens entre eux : des endroits similaires, ou bien des jeux de lumières ou compositions qui rappellent l’autre. C’est comme si les deux protagonistes étaient constamment liés malgré eux. De plus la série est présentée de manière intéressante : chaque photo est accompagnée, sur le tirage même, comme si cela faisait partie intégrale de l’image, d’une phrase narrative, qui nous en dit assez sans en dire trop. Comme pour nous mettre sur une piste. Et puis certaine photo sont encadrées et d’autre non, comme pour donner un effet carnet de voyage. Le voyage qui semble le thème majeur de cette série, dans tous les sens du terme. En tout cas, on voyage volontier au regard de ces paysages d’Asie inconnus et intrigants.

 

« Give me 5 » est une réunion, un rassemblement de 5 univers variés mais qui se font naturellement écho. Chaque travail, tout en gardant leurs personnalités, se rejoignent, ce qui est fascinant. C’est la preuve en images des différentes possibilités de visions que propose le domaine vaste qu’est la photographie.

En tout cas, on ne s’ennuie pas une seconde en allant voir cette exposition collective de 5 futurs talents et on remercie la Galerie Stardust de donner l’opportunité à ces jeunes photographes de se faire voir . Comme dit précédemment, c’est une exposition express, elle se termine vendredi soir. Il faut juste espérer que le concept ne s’arrêtera pas là et qu’on reverra ces 5 photographes dans une prochaine exposition à venir ! Affaire à suivre …

 

 

En attendant, GIVE ME 5 !

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« Give me 5 » du lundi 31 octobre au vendredi 4 novembre

Galerie Stardust

19 rue Notre Dame de Nazareth, 75003, Paris

Métro Temple/ République

Ouvert de 13H à 19H

 

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