iconographie

On ne dormira jamais (du moins aux expositions de la Galerie de la Voûte)

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On ne dormira jamais lors des expositions de la Galerie de la Voûte et heureusement !
(C’est la pleine lune toute la fin de la semaine et au début les artistes avaient prévu le coup avec un dernier jour d’exposition le 18 mais la galerie de la Voûte a décidé de la prolonger jusqu’au 25 mars 2017 devant le succès rencontré)
Et si Tamina Beausoleil, Corinne Borgnet, Cornelia Eichhorn, Iris Gallarotti et Nathalie Tacheau avaient voulu nous prévenir et nous proposer à la place de Morphée de nous plonger dans leurs œuvres pour meubler nos nuits sans sommeil ?

 

Corine Borgnet

Corine Borgnet nous permettra de relire avec bonheur « Psychanalyse des contes de fées » de Bruno Bettelheim, elle dont l’œuvre est tournée vers l’enfance avec des sculptures ludiques et décalées parsemées çà et là dans la galerie de la Voute comme les petits cailloux du Petit Poucet.

Nathalie Tacheau

Une sorte de fil conducteur vers les œuvres de Nathalie Tacheau, toutes constituées de collages rapprochés, superposés, déformés sur le thème du conte ?
Ici on prend conscience qu’un conte a besoin d’une audience et comme nous sommes dans les arts plastiques c’est le regard de l’Autre, à savoir vous, visiteurs de cette exposition, qui jouerez ce rôle permettant aux œuvres de Nathalie Tacheau de vous exposer leur histoire.

 

Les nuits de pleine lune on se ment mais on s’en lave les mains : on dit que l’on va dormir or nous savons que non.

Iris Galarotti

C’est à nous, insomniaques récurrents, que s’adresse Iris Galarotti qui nous emmène dans le territoire trop familier de la lente fuite des heures : ses œuvres sont toutes habitées par la mémoire du corps et de l’esprit, par un va et vient continuel entre réminiscence et reconstruction des souvenirs. Quand on ne dort pas, on est comme ivre, la perception sensorielle se joue de nous, nous sommes les marionnettes de notre corps à la façon des somnambules.

Cornelia Eichhorn

C’est là que Cornelia Eichhorn prend la relève. Elle sait que les œuvres servent à révéler ce qu’il y a de plus intime chez un être humain. Notre corps voudrait bien dormir, se raconter des histoires. Cornelia Eichhorn ne dément pas l’analyse de Bruno Bettelheim sur la fonction du conte dans les sociétés. Elle accepte qu’ils aident à construire, à avancer, à grandir parce qu’ils mobilisent toutes nos ressources « de la pensée aux muscles » et surtout parce qu’ils sont synonymes d’engagement. Nous sommes à la limite du sommeil dans tous les moments de notre vie : que ce soit quand nous laissons faire par manque d’énergie ou de courage, que lorsque laissons perdre, pourrir et persécuter. Mais n’oubliez pas qu’on ne dormira jamais lors de cette exposition : Cornelia Eichhorn nous renvoie des œuvres dont les protagonistes sont torturés soit par leur posture, leur action ou leur environnement.

Ils incarnent les dysfonctionnements des relations et valeurs humaines. On voudrait dormir, clore le regard, être lâche moralement et dans nos muscles. Mais elle nous maintient les yeux grands ouverts avec ses œuvres, nous rappelant la nécessité d’être vigilant.

Tamina Beausoleil

Le conte et l’art permettent d’accéder au merveilleux. De voir au-delà des apparences, de se questionner sur nous-mêmes, les autres, notre rapport aux humains et à l’animalité dont nous sommes issu car après tout l’homme est un mammifère. Dans l’attente du sommeil on peut donc redécouvrir une réalité quotidienne et la ré-enchanter. C’est la bien-nommée Tamina Beausoleil, dont le patronyme est comme l’annonce d’un jour nouveau radieux, qui à travers ses dessins, collages, peintures à l’huile et photographies, nous invite à nous questionner, principalement sur le rapport constant entre l’animalité et l’humanité. Les images créées par Tamina Beausoleil jouent sur l’hybridité, la polysémie, la poétique, la sémiologie.

Elles sont oniriques tout en nous bousculant. Décidément non on ne dormira jamais devant cette exposition.

Venez donc découvrir ces œuvres originales qui par leur effet catharsis, par leur message incitatif « explore-toi toi-même » vous aideront surement, à un moment ou à un autre, de dormir enfin.

Tout en restant à l’affût.
On ne dormira jamais / Galerie de la Voute Jusqu’au 25 mars 2017
42 rue de la Voûte 75012 Paris métro Porte de Vincennes
La galerie est ouverte de 15h30 à 19h00, les mardis, jeudis, vendredis et samedis
Visite possible sur rendez-vous. +33 (0)6 09 94 49 60 (SMS préférables)
Site internet : http://www.galeriedelavoute.com/

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Galerie Stardust : Rock and Folk a 50 ans ! Venez découvrir les photos de Marion Ruzniewski et Muriel Delepont

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Rock & Folk s’apprête à fêter ses 50 ans, N°1 paru en Octobre 1966, faisant de ce vénérable mensuel la plus ancienne revue toujours éditée consacrée au Rock dans le monde  !

Amy Winehouse - Eurockeennes de Belfort - Belfort - 29/06/2007 ©Marion Ruszniewski
Amy Winehouse – Eurockeennes de Belfort – Belfort – 29/06/2007
©Marion Ruszniewski

La galerie Stardust s’associe à cet anniversaire en exposant durant un mois (15/09 au 15/10) Marion Ruzniewski et Muriel Delepont, 2 photographes de la revue qui, durant les 10 années qui viennent de s’écouler, ont fréquenté les concerts, backstage et autres hôtels afin de livrer leurs visions d’artistes tels qu’ Iggy, The Whites Stripes, The Kills, Radiohead, The Dandy Warhols, The Vaccines, Madonna, Amy Winehouse, Nick Cave, Pete Doherty, Motorhead,…

Voici un aperçu de leur travail ainsi qu’une interview réalisée par Isabelle Chelley et Doris Le Mat-Thieulen. Merci à elles d’avoir permis la parution de cette interview dans Galeriemoi !
Madonna - Stade de France - Saint Denis - 20/09/2008 ©Marion Ruszniewski
Madonna – Stade de France – Saint Denis – 20/09/2008
©Marion Ruszniewski

Comment êtes-vous devenues photographes ?
Marion Ruszniewski : J’avais un père photographe et je ne savais pas quoi faire d’autre (rires). Je me suis retrouvé avec un Polaroïd entre les mains pour la première fois à cinq ans. J’étais en vacances avec mes parents et pendant que tout le monde dormait, j’ai pris des photos dans le noir. Mes premières photos de concert, c’était des groupes punk, les Cadavres, les Wampas. J’avais monté une association de photographes avec un camarade de fac, on faisait des photos pour le Divan du Monde, où il y avait une vraie équipe de programmateurs.J’ai commencé à publier mes photos dans les fanzines Vacarme et Kérosène et j’ai fait la pochette d’un 45 tours du groupe Unlogistic… Puis j’ai publié des photos dans Rock Sound et enfin Rock&Folk.

Jack White © Muriel Delepont
Jack White © Muriel Delepont

Muriel Delepont : Ma passion à la base c’était le cinéma. J’étais fan de cinéma expressionniste allemand vers 12 ans. Je ne vivais que pour Fritz Lang. J’ai un grand frère musicien. Ma mère et lui allaient voir Led Zeppelin, etc. et moi, je dormais à l’arrière de la voiture pendant que ça se passait. Je suis tombée très vite dans la musique. A 9 ans, j’ai vu
Gary Glitter sur scène, à 11 ans, Patti Smith. En 1977, j’avais 12 ans et je ne fréquentais que des punks ou des rockers à l’école. Je ne saurais pas dire comment la photo m’est venue, mais comme le cinéma était aussi impossible pour moi que d’aller sur la lune, je me suis dit que j’allais faire de l’image fixe. J’ai publié mes premières photos dans Mofo et des fanzines en Belgique, puis j’ai travaillé trois ans pour Rage, le magazine de Stéphane Hervé. J’ai arrêté, jusqu’à ce que je rencontre par hasard Philippe Manoeuvre qui a demandé à voir les photos que je venais de faire. Et c’est comme ça que je suis entrée à Rock&Folk.

Qu’est-ce qui fait une bonne photo de concert ?

Motörhead, Le Zénith, Paris, 18/11/2014 ©Marion Ruszniewski
Motörhead, Le Zénith, Paris, 18/11/2014
©Marion Ruszniewski

Marion Ruszniewski : C’est une photo dans laquelle on peut ressentir l’énergie sur scène si c’est un groupe très vivant, qui bouge beaucoup. Ou sinon, l’émotion que peut dégager le chanteur ou la chanteuse. C’est la clé d’une photo de concert réussie pour moi.

Iggy Pop © Muriel Delepont
Iggy Pop © Muriel Delepont

Qu’est-ce qui fait qu’un portrait est réussi ?
Muriel Delepont : Pour moi, déjà, il n’y a jamais de décor dans une photo. Je me considère comme portraitiste et souvent, je fais des close-ups. Je cite Richard Avedon à ce sujet, qui dit que moins il y a de choses sur une photo, plus c’est puriste, plus c’est compliqué et mieux c’est, parce que l’important, c’est le regard. Ce qui est intéressant, dans le portrait, c’est la rencontre. Si tu n’aimes pas les gens, que tu ne t’intéresses pas à eux, oublie. C’est le modèle qui donne et le photographe prend. Un beau portrait est une symbiose entre deux personnes.

Une photo, c’est une interprétation. On y voit ce qu’on a envie d’y voir selon son vécu, sa connaissance de l’art, etc. Je pense que la photographie est un métier ingrat. Tout le monde mitraille avec son téléphone aujourd’hui, mais aucune image n’est imprimée. La photo devient virtuelle alors qu’au départ, elle est concrète.
La photo de concert dont tu es la plus fière ?
Marion Ruszniewski : J’aime beaucoup celle de Patti Smith qui figure dans l’exposition. C’est une de mes premiers boulots pour Rock&Folk, je suis allée photographier la conférence de Patti Smith au Café Charbon. Et j’ai passé un chouette moment. Mais en général, ce que j’aime bien – et ça, dès que j’ai commencé, lorsque j’étais encore à la fac – c’est quand je réussis à prendre un musicien en plein saut. C’est la photo réussie par excellence pour moi, qui montre vraiment l’énergie d’une groupe.

Le portrait dont tu es le plus fière ?

Lemmy Kilmister © Muriel Delepont
Lemmy Kilmister © Muriel Delepont

Muriel Delepont : J’aime bien, et pourtant, c’est loin d’être la meilleure, la photo de Robert Wyatt, parce que j’ai eu une leçon de vie avec lui. Rencontrer Ron Asheton chez lui, avec Vincent (Hanon, journaliste à Rock&Folk – NDR) ou Lemmy avec toi, à Londres, où j’ai réussi à obtenir une séance alors que c’était compliqué, oui, je suis un peu fière. J’ai dû me bagarrer, j’ai eu ma séance jusqu’à ce qu’il me dise, stop. Je suis allée la chercher, celle-là. Il faut qu’il se passe quelque chose. Derrière une photographie, même si c’est une image fixe, il y a une histoire. Une bonne photo doit bouger quand on la regarde. On me dit souvent que je suis une guerrière, mais ma photo, je dois la mériter.

The Kills © Muriel Delepont
The Kills © Muriel Delepont
Propos recueillis par Isabelle Chelley et Doris Le Mat-Thieulen




Jusqu’au 15 octobre 2016 à la galerie Stardust 19 rue Notre Dame de Nazareth 75003 Paris

Métro Temple, République ou Strasbourg Saint Denis

du mardi au samedi 13h à 19h
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Exposition Best of 2015 à la galerie Stardust

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Du vendredi 4 décembre 2015 au samedi 16 janvier 2016

La Galerie Stardust vous présentera une sélection du meilleur de sa 1ère année.
David Bowie par Masayoshi Sukita

Jimi Hendrix par Don Silverstein

Sex Pistols par Pierre Benain

Detroit Underground par Sue Rynski

La galerie est ouverte :

du mardi au vendredi de 13h00 à 19h00

Le samedi de 11h00 À 19H00

 

Coordonnées :

La Galerie Stardust

19 Rue Notre Dame de Nazareth

75003 Paris

Téléphone : 06 30 72 86 16

 

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