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Quartier du livre 2017 : André Markowicz et Orsten Groom, d’orbes en orbes poétiques et picturales

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Jusqu’au 24 mai 2017 , dans le cadre de la manifestation Quartier du livre, venez à la rencontre du poète et traducteur André Markowicz et du peintre Orsten Groom.

Les deux artistes présentent un événement, constitué d’un livre intitulé « Orbe », publié aux éditions A/Over, et dont l’éditrice est Peggy Viallat-Langlois et d’une exposition qui accompagne et prolonge la sortie de l’ouvrage.

André Markowicz / Orsten Groom

Le projet éditorial d’Orbe se décline en effet en deux beaux objets précieux et en une exposition : un livre et un coffret, entièrement réalisés à la main, à tirage numéroté, 40 exemplaires, pour lequel le peintre Orsten Groom a réalisé autour des poèmes d’André Markowicz, des dessins des tableaux, six au total,  que vous pourrez voir et même acquérir à l’espace Concordia jusqu’au 24 mai 2017.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore André Markowicz, sachez qu’il s’agit d’un auteur et traducteur prolifique et inspiré qui a traduit tout Dostoïevski ainsi que de nombreux auteurs anglais, russes et même…chinois !
Sa page Wikipédia est très fournie mais le mieux est de le rencontrer en chair et en os lors de cet évènement. Ce sera d’ailleurs la seule rencontre parisienne a laquelle il participera.

Orsten Groom

Quant au peintre Orsten Groom nous avions déjà consacré un article à sa peinture, toujours consultable ici. Vous pouvez en savoir plus sur son travail en consultant son propre site.  Figure majeure de la scène indé en peinture, les tableaux qu’il a réalisés pour l’occasion traduisent dans son langage pictural personnel de peintre, les mots d’André Markowicz. Le résultat : une transsémiose réussie et évidente qui matérialise aussi bien la fraternité d’esprit existant entre les deux artistes et produit, pour notre plus grand plaisir, dans le monde physique des tableaux résonnants et réminiscents. A découvrir.

Orsten Groom

Mais qu’est-ce qu’une orbe me direz-vous ? Pour André Markowicz : « L’orbe, c’est l’idée du cercle, bien sûr, du serpent, mais c’est aussi le monde (urbi et orbi), c’est là que ce cycle a pris un titre : non pas « le cycle de l’orbe », mais tout simple, ces cinq lettres — « Orbe ». Et soudain, là, quand l’évidence s’est faite que c’était juste un mot, sans article, j’ai entendu derrière un autre mot, yiddish, Hurbn, la Catastrophe, qui désigne ce qu’en français, après Lanzmann, on appelle « Shoah ». Et, de fait, il y avait dans ce cycle deux textes explicitement liés à la Catastrophe, deux textes liés à Pâques : le premier avait été écrit tout de suite après celui dont je viens de citer le début, et il était venu parce que j’avais été très dérangé par des cris d’enfants qui jouaient autour d’une fontaine et qui m’empêchaient de travailler. D’un coup, j’avais senti qu’il y avait des cris d’enfants qu’on n’entendait pas — et que c’étaient ces cris silencieux qui faisaient l’air que nous respirons, ces cris qui nous font respirer notre honte  » (texte publié dans Partages I, 19 avril 2014).

Orsten Groom

Attention événement le vendredi 19 mai 2017, à 19h, André Markowicz lira le poème Holocauste de Charles Reznikoff. Ce recueil de poèmes a été écrit à partir des enregistrements du procès Eichmann et des témoignages saisis lors du procès de Nuremberg. André Markowicz a réalisé sa propre traduction qu’il nous dévoilera lors d’une lecture qui s’annonce d’ors et déjà riche en émotion.

Cette exposition-événement est soutenue par le Crous de Paris qui met à disposition des artistes l’élégante résidence Concordia, un ancien cloître doté d’un très beau jardin hors du temps.

L’exposition est en accès libre.

Jusqu’au 24 mai 2017, tous les jours jusqu’à 20h, ouvert également le week-end

Orbe – André Markowicz / Orsten Groom – A/Over

Résidence Concordia

41 rue Tournefort 75005 Paris

Métro Censier Daubenton et Place Monge

En savoir plus sur la page de l’évènement

Le quartier du livre, 5e édition, c’est par ici.

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On ne dormira jamais (du moins aux expositions de la Galerie de la Voûte)

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On ne dormira jamais lors des expositions de la Galerie de la Voûte et heureusement !
(C’est la pleine lune toute la fin de la semaine et au début les artistes avaient prévu le coup avec un dernier jour d’exposition le 18 mais la galerie de la Voûte a décidé de la prolonger jusqu’au 25 mars 2017 devant le succès rencontré)
Et si Tamina Beausoleil, Corinne Borgnet, Cornelia Eichhorn, Iris Gallarotti et Nathalie Tacheau avaient voulu nous prévenir et nous proposer à la place de Morphée de nous plonger dans leurs œuvres pour meubler nos nuits sans sommeil ?

 

Corine Borgnet

Corine Borgnet nous permettra de relire avec bonheur « Psychanalyse des contes de fées » de Bruno Bettelheim, elle dont l’œuvre est tournée vers l’enfance avec des sculptures ludiques et décalées parsemées çà et là dans la galerie de la Voute comme les petits cailloux du Petit Poucet.

Nathalie Tacheau

Une sorte de fil conducteur vers les œuvres de Nathalie Tacheau, toutes constituées de collages rapprochés, superposés, déformés sur le thème du conte ?
Ici on prend conscience qu’un conte a besoin d’une audience et comme nous sommes dans les arts plastiques c’est le regard de l’Autre, à savoir vous, visiteurs de cette exposition, qui jouerez ce rôle permettant aux œuvres de Nathalie Tacheau de vous exposer leur histoire.

 

Les nuits de pleine lune on se ment mais on s’en lave les mains : on dit que l’on va dormir or nous savons que non.

Iris Galarotti

C’est à nous, insomniaques récurrents, que s’adresse Iris Galarotti qui nous emmène dans le territoire trop familier de la lente fuite des heures : ses œuvres sont toutes habitées par la mémoire du corps et de l’esprit, par un va et vient continuel entre réminiscence et reconstruction des souvenirs. Quand on ne dort pas, on est comme ivre, la perception sensorielle se joue de nous, nous sommes les marionnettes de notre corps à la façon des somnambules.

Cornelia Eichhorn

C’est là que Cornelia Eichhorn prend la relève. Elle sait que les œuvres servent à révéler ce qu’il y a de plus intime chez un être humain. Notre corps voudrait bien dormir, se raconter des histoires. Cornelia Eichhorn ne dément pas l’analyse de Bruno Bettelheim sur la fonction du conte dans les sociétés. Elle accepte qu’ils aident à construire, à avancer, à grandir parce qu’ils mobilisent toutes nos ressources « de la pensée aux muscles » et surtout parce qu’ils sont synonymes d’engagement. Nous sommes à la limite du sommeil dans tous les moments de notre vie : que ce soit quand nous laissons faire par manque d’énergie ou de courage, que lorsque laissons perdre, pourrir et persécuter. Mais n’oubliez pas qu’on ne dormira jamais lors de cette exposition : Cornelia Eichhorn nous renvoie des œuvres dont les protagonistes sont torturés soit par leur posture, leur action ou leur environnement.

Ils incarnent les dysfonctionnements des relations et valeurs humaines. On voudrait dormir, clore le regard, être lâche moralement et dans nos muscles. Mais elle nous maintient les yeux grands ouverts avec ses œuvres, nous rappelant la nécessité d’être vigilant.

Tamina Beausoleil

Le conte et l’art permettent d’accéder au merveilleux. De voir au-delà des apparences, de se questionner sur nous-mêmes, les autres, notre rapport aux humains et à l’animalité dont nous sommes issu car après tout l’homme est un mammifère. Dans l’attente du sommeil on peut donc redécouvrir une réalité quotidienne et la ré-enchanter. C’est la bien-nommée Tamina Beausoleil, dont le patronyme est comme l’annonce d’un jour nouveau radieux, qui à travers ses dessins, collages, peintures à l’huile et photographies, nous invite à nous questionner, principalement sur le rapport constant entre l’animalité et l’humanité. Les images créées par Tamina Beausoleil jouent sur l’hybridité, la polysémie, la poétique, la sémiologie.

Elles sont oniriques tout en nous bousculant. Décidément non on ne dormira jamais devant cette exposition.

Venez donc découvrir ces œuvres originales qui par leur effet catharsis, par leur message incitatif « explore-toi toi-même » vous aideront surement, à un moment ou à un autre, de dormir enfin.

Tout en restant à l’affût.
On ne dormira jamais / Galerie de la Voute Jusqu’au 25 mars 2017
42 rue de la Voûte 75012 Paris métro Porte de Vincennes
La galerie est ouverte de 15h30 à 19h00, les mardis, jeudis, vendredis et samedis
Visite possible sur rendez-vous. +33 (0)6 09 94 49 60 (SMS préférables)
Site internet : http://www.galeriedelavoute.com/

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