artiste

Vayera – Do it with passion or not at all

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Photo Eléonore Tissier

Vayera est un jeune artiste contemporain de 25 ans, il entreprit d’abord des études de finances pendant trois ans pour satisfaire le bon sens commun qui ne voit pas d’avenir à celui qui se destine au métier, terme presque inapproprié, d’artiste. Bien que le besoin se fit sentir rapidement. Vayera osa réellement créer lorsqu’il ne put faire autrement que de répondre à un besoin physique et aller au-delà du poids des conventions sociales. Une véritable prise de conscience de sa condition humaine fit soudainement son effet. L’idée même de cette mortalité propre à l’homme n’apparaissant pas comme une évidence a une jeunesse frivole, lui apparut dès lors très clairement lorsque quelques événements malheureux survinrent et furent pour lui une véritable invitation à la création. Surpassant l’envie, Vayera commença donc à s’exprimer au travers de l’art. Le prix à payer d’événements traumatisants est souvent celui de vouloir vivre sans barrières. Une nécessité physique réelle s’était donc imposée et il choisit d’y répondre.

Éloigné du milieu artistique pendant longtemps, il ne sut pas tout de suite à quoi se référer pour entreprendre les premiers jets de sa création. Cherchant d’abord à parler de manière universelle au travers de ses premières œuvres, il ne mît pas longtemps à trouver son propre style et à vouloir enfermer son art dans sa qualité pure d’expressivité.

Sans vouloir construire autour de sa création une sorte de mythe propre à la vision romanesque que l’on a souvent des artistes: celle de l’artiste maudit et rejeté par son temps en raison de son génie artistique incompris, et qui fut la source parfois silencieuse et paradoxale du succès des jeunes artistes contemporains préférant interroger leurs passions que l’art en lui-même, Vayera, loin de toute prétention de ce genre, travailla à figer dans l’art ce qu’il avait envie de crier au monde entier.

Il ne faut cependant pas oublier un point essentiel, c’est que Vayera n’eut pas tout de suite la culture artistique nécessaire pour connaître l’histoire de l’art et ses théories qui lui auraient permis d’y puiser une réflexion. C’est là la force fondamentale de l’œuvre naissante de Vayera: une expression pure non obstruée par le très lourd passé de l’art et ses figures intouchables. Et pourtant quoi de plus instinctif que de trouver des moyens pour arriver à s’exprimer ? L’art de Vayera n’est ni plus ni moins qu’un langage primaire ancré dans son époque.

En effet, loin des indignations bien-pensantes ou des sombres prophéties propres à l’art actuel, Vayera nous livre sans complexe ses tourments et ses obsessions. Maladresse des premiers pas qui cache en réalité une vivacité en devenir. En offrant au regard son exutoire et ce qu’il en découle tout en cherchant à le muséifier, Vayera semble commettre le péché d’égocentrisme mal placé trop habituel aux œuvres contemporaines. Pourtant, tant qu’il y aura des individus et des médiums utilisables, il y aura création. Quand bien même il n’y en aurait qu’un seul que cela intéresserait, cela reste et restera de l’art.

Ses œuvres respectent les codes contemporains par la technique utilisée et par sa finalité très froide qui se marie sans nul doute à merveille dans l’espace épuré du white cube. Mais à l’heure où l’art doit nécessairement se raccrocher au sensible, les œuvres de Vayera sont profondément expressives et elles le sont par la simple volonté de celui qui les a créé. Voilà l’essence même de l’œuvre de Vayera: une expressivité se cherchant encore mêlée à un besoin de beauté. Vayera considère donc l’acte créateur aussi important que la finalité en soi. Autodidacte, Vayera modèle son œuvre du début à la fin allant jusqu’à fabriquer ses premiers outils lui-même a base de silicone. Véritable performance à la manière de l’action painting dans l’entreprise de sa création, la finalité est paradoxalement extrêmement léchée.

 

Les extincteurs

photo Constance Narat

Rien ne servirait d’expliquer l’intérêt de Vayera pour les extincteurs en construisant une sorte de pseudo-lyrisme du rien. La réalité est limpide : pour la majorité des personnes, un extincteur n’est qu’un extincteur. Objet normalisé, sériel, aesthétique, les extincteurs sont présents partout et dans chaque pays du monde avec la même apparence nettement reconnaissable. Hypersensible avéré, Vayera fut rapidement dérangé par ce manque d’intérêt pour les objets continuellement présents mais naturellement invisibles de notre quotidien.

Sublimer ce genre d’objets insignifiants au travers d’une création artistique pourrait s’apparenter à une forme de réflexion sur les limites de l’art et à de l’ironie comme le maîtrisait si bien Marcel Duchamp. Pourtant, l’objet n’est pas plus qu’une obsession mise en lumière tentant de définir une vision du monde en marge de celle que nous avons l’habitude d’avoir.

Comme le disait si bien Paul Klee « l’art ne reproduit pas le visible, il rend visible ». En ce sens, les extincteurs ne sont pas la simple représentation de ce qu’ils sont pour ce qu’ils sont mais bien le dévoilement d’une obsession endossant le rôle de médium servant le froid déchaînement pictural exprimant ainsi l’esprit troublé d’un artiste en manque de nourriture expressive. Dans la continuité de cette réflexion, la taille humaine a une importance particulière dans l’œuvre de Vayera. Elle permet une confrontation directe avec le spectateur. On se souvient des artistes de l’hyperréalisme qui utilisaient la taille humaine à la perfection pour servir une simple cause : obliger celui qui regarde à devenir voyeur de ces scènes tragiques parfois sordides de notre vie quotidienne et qui ne se révèlent réellement qu’en étant obligé d’y être confronté. Vayera nous oblige donc à enfin poser notre regard sur cet objet.

 

Le rapport à la globalité

Avec cette recherche frénétique d’expressivité, Vayera arrive à porter aux nues un discours inconsciemment puisé dans les pratiques les plus ancestrales de l’art si l’on considère que l’art n’est que la forme accomplie d’un langage indicible dont le sens va au-delà des mots.

L’enjeu n’est clairement pas de donner l’occasion au « regardeur » de pouvoir exprimer le sens qu’il croit bon aux œuvres de Vayera, pour se placer en grand réconciliateur de l’humanité et donner raison aux sensibilités de chacun. Non, l’œuvre de Vayera a ceci de fort qu’elle nous invite à avoir tort pour mieux comprendre la démarche réelle. Vayera, en tant qu’artiste et être singulier, fait une œuvre unique et critiquable. L’œuvre de Vayera est une position affirmée, un cheminement propre et donc cohérent, une prise de risque car non polysémique.

Bien que son but soit effectivement la description d’une réalité sociologique, son travail devient art à partir du moment où il révèle la réalité en métamorphosant positivement la matière. La réflexion n’est que le don de la forme, ce qui se vérifie aisément lorsqu’on sait que chez Vayera, la finalité répond à un besoin originel incontrôlé. Cet ordre involontaire dans le processus de création met en lumière une cohérence inhérente à son art, un fil conducteur presque inconscient qu’il est nécessaire de saisir : son rapport à la globalité.

En effet, ce qui dérange Vayera ce sont les mouvements de foule, les phénomènes de masse. Vayera semble toujours obsédé par le fait de remettre en avant, au travers de la forme artistique, la singularité des objets et des individus perdus dans la globalité. Il traduit ainsi l’absurdité des phénomènes de masse. L’espace muséal permet un certain voyeurisme confortable et silencieux de l’individu pris au piège dans son aspect fondamentalement social, car comme l’a affirmé Aristote, « l’homme est un animal social ». Par conséquent, ce qui dérange profondément Vayera n’est autre que cet effet désastreux des phénomènes de masse qui édulcorent notre individualité. Vidé de tout sentiment, de personnalité, de jugement critique, l’individu est vidé de son essence propre. L’œuvre de Vayera est une même obsession qui prendra plusieurs formes. Sa série d’extincteur est donc le premier exemple expressif de cette gêne qui n’aura sans nul doute qu’un avenir encore plus éclatant et c’est en cela que Vayera est prometteur. Les extincteurs sont véritablement la promesse d’avenir d’un artiste en éveil. Vayera travaille la plupart du temps la nuit, de ce fait, est-il vraiment nécessaire de rappeler cette pensée d’Hegel: « la chouette Minerve ne prend son vol qu’à la tombée de la nuit » qui nous remet face à une réalité humaine: « la face cachée du soleil » (expression empruntée au titre de l’exposition sur Sade au Musée d’Orsay) fait apparaître ce lien indéfectible entre le mal et la nuit qui encourage la réflexion sur notre nature malsaine. On peut donc légitimement se poser la question d’une éventuelle mise en abîme dans la suite de l’œuvre de Vayera: cette fascination constante pour la perte de la singularité mènera-t-elle à une recherche de sa propre individualité au travers de l’art ?

 

Emmanuelle Guran

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Quartier du livre 2017 : André Markowicz et Orsten Groom, d’orbes en orbes poétiques et picturales

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Jusqu’au 24 mai 2017 , dans le cadre de la manifestation Quartier du livre, venez à la rencontre du poète et traducteur André Markowicz et du peintre Orsten Groom.

Les deux artistes présentent un événement, constitué d’un livre intitulé « Orbe », publié aux éditions A/Over, et dont l’éditrice est Peggy Viallat-Langlois et d’une exposition qui accompagne et prolonge la sortie de l’ouvrage.

André Markowicz / Orsten Groom

Le projet éditorial d’Orbe se décline en effet en deux beaux objets précieux et en une exposition : un livre et un coffret, entièrement réalisés à la main, à tirage numéroté, 40 exemplaires, pour lequel le peintre Orsten Groom a réalisé autour des poèmes d’André Markowicz, des dessins des tableaux, six au total,  que vous pourrez voir et même acquérir à l’espace Concordia jusqu’au 24 mai 2017.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore André Markowicz, sachez qu’il s’agit d’un auteur et traducteur prolifique et inspiré qui a traduit tout Dostoïevski ainsi que de nombreux auteurs anglais, russes et même…chinois !
Sa page Wikipédia est très fournie mais le mieux est de le rencontrer en chair et en os lors de cet évènement. Ce sera d’ailleurs la seule rencontre parisienne a laquelle il participera.

Orsten Groom

Quant au peintre Orsten Groom nous avions déjà consacré un article à sa peinture, toujours consultable ici. Vous pouvez en savoir plus sur son travail en consultant son propre site.  Figure majeure de la scène indé en peinture, les tableaux qu’il a réalisés pour l’occasion traduisent dans son langage pictural personnel de peintre, les mots d’André Markowicz. Le résultat : une transsémiose réussie et évidente qui matérialise aussi bien la fraternité d’esprit existant entre les deux artistes et produit, pour notre plus grand plaisir, dans le monde physique des tableaux résonnants et réminiscents. A découvrir.

Orsten Groom

Mais qu’est-ce qu’une orbe me direz-vous ? Pour André Markowicz : « L’orbe, c’est l’idée du cercle, bien sûr, du serpent, mais c’est aussi le monde (urbi et orbi), c’est là que ce cycle a pris un titre : non pas « le cycle de l’orbe », mais tout simple, ces cinq lettres — « Orbe ». Et soudain, là, quand l’évidence s’est faite que c’était juste un mot, sans article, j’ai entendu derrière un autre mot, yiddish, Hurbn, la Catastrophe, qui désigne ce qu’en français, après Lanzmann, on appelle « Shoah ». Et, de fait, il y avait dans ce cycle deux textes explicitement liés à la Catastrophe, deux textes liés à Pâques : le premier avait été écrit tout de suite après celui dont je viens de citer le début, et il était venu parce que j’avais été très dérangé par des cris d’enfants qui jouaient autour d’une fontaine et qui m’empêchaient de travailler. D’un coup, j’avais senti qu’il y avait des cris d’enfants qu’on n’entendait pas — et que c’étaient ces cris silencieux qui faisaient l’air que nous respirons, ces cris qui nous font respirer notre honte  » (texte publié dans Partages I, 19 avril 2014).

Orsten Groom

Attention événement le vendredi 19 mai 2017, à 19h, André Markowicz lira le poème Holocauste de Charles Reznikoff. Ce recueil de poèmes a été écrit à partir des enregistrements du procès Eichmann et des témoignages saisis lors du procès de Nuremberg. André Markowicz a réalisé sa propre traduction qu’il nous dévoilera lors d’une lecture qui s’annonce d’ors et déjà riche en émotion.

Cette exposition-événement est soutenue par le Crous de Paris qui met à disposition des artistes l’élégante résidence Concordia, un ancien cloître doté d’un très beau jardin hors du temps.

L’exposition est en accès libre.

Jusqu’au 24 mai 2017, tous les jours jusqu’à 20h, ouvert également le week-end

Orbe – André Markowicz / Orsten Groom – A/Over

Résidence Concordia

41 rue Tournefort 75005 Paris

Métro Censier Daubenton et Place Monge

En savoir plus sur la page de l’évènement

Le quartier du livre, 5e édition, c’est par ici.

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La YIA Young International Artists : Yesterday is aujourd’hui

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Lundi 24 avril 2017 s’est achevée à Bruxelles la 9e édition de la Yia, (Young International Artists). Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore cette foire d’art contemporain internationale audacieuse, créée en 2014, qui se décline à l’international ((Maastricht, Bruxelles, Bâle et Paris) voici une petite présentation agrémentée de focus et de coups de cœur.

Le concept de la YIA est d’aller  à la rencontre des amateurs et des acheteurs d’art contemporain. Jeune foire dont la renommée ne cesse de croître, elle s’exporte aussi au-delà du continent puisqu’elle ouvrira à New York en 2018 à l’occasion de FRIEZE et du TEFAF.

Elle constitue une occasion à la fois sympathique et accessible de découvrir des galeries et des artistes, c’est pourquoi un article s’imposait afin de faire connaitre et reconnaitre ce rendez-vous incontournable. Quoi de plus noble en effet que ses objectifs : soutenir les galeries et les artistes engagés dans la création, la diffusion et la promotion des arts visuels.

OYE

A noter que la YIA soutient également  les arts numériques, l’année dernière une édition spéciale leur avait été consacrée à la Cité Internationale de Paris en parallèle de l’édition parisienne qui avait eue lieu au Carreau du Temple. Sur le salon de Bruxelles, on remarquait la présence du label OYE visual art qui présentait  des œuvres d’art numériques incroyables comme Fluence de Dylan Cote et Pierre Lafanechère ou encore  Ilah de l’artiste Lilith.

Voici nos coups de cœur pour cette édition bruxelloise :

Florent Groc
Florent Groc

Florent Groc , ancien graphiste, né en 1987 et ses paysages fantasmés. C’est sa curatrice, Lisa Toubas, également journaliste pour pointcontemporain.com qui  en parle le mieux : « A travers ses dessins et peintures, Florent Groc ouvre ainsi le champ de la création au-delà de la pure imitation. Ses œuvres deviennent des images fantasmées, et les éléments de la représentation (issus de notre réalité) deviennent les composantes d’une mise en scène. Une mise en scène dans laquelle les rapports conflictuels entre l’Homme et la Nature sont implicitement évoqués. » Pour en savoir plus, voir son site www.florentgroc.fr

Thomas Van Reghem (NO MAD GALERIE) à qui nous  avions déjà consacré un article sur ses œuvres intégrant des matériaux comme la cendre, la terre. Le plus : Thomas était présent sur la totalité du salon afin d’échanger avec les visiteurs.

HU BE
HU BE

Ses créations côtoyaient les verrières délicates de Cyprien Chabert et les œuvres de l’artiste HU BE qui pour l’occasion a réalisé en direct une performance pleine de poésie : une fresque murale qui nous a permis de découvrir son style particulier. En savoir plus sur le site de la NO MAD GALERIE.

Virginie Trastour

 

 

Myriam Mechita

Remarquées aussi les œuvres de Myriam Mechita et Virginie Trastour  sur le stand de la galerie Résidence 87.

Pixote
Pixote

Au niveau des galeries étrangères, BY NIGHT GALLERY  présentait « The Path » exposition personnelle de l’artiste brésilien Pixote. L’exposition est visible le 27 avril sur rendez-vous à Paris sur réservation. Réservation ici : info@bynightgallery.com

La galerie néerlandaise Fontana présentait le solo show d’Inez de Braw

Un seul article ne saurait  refléter toute la richesse de ce salon donc notre récession sera forcément sélective et subjective. La richesse de la YIA réside en effet  dans sa diversité et sa sélection  variée qui tendent à refléter les tendances actuelles  et à venir. Yesterday is aujourd’hui est d’ailleurs son slogan.

Voici une vidéo qui reflète d’ailleurs bien ce parti-pris :

Vidéo by Bazar Magazin, chaine you tube 

A noter que la Yia attribue également un prix , le prix Art Yia Art Fair décerné à chaque édition. Nous reviendrons plus en détail sur le lauréat prochainement.
Les prochaines éditions de la YIA seront :
YIA ART FAIR#10 – basel
35 Galeries / 100 artistes représentés / 1 000 m2 d’exposition
Du 15 au 18 juin 2017 (Pendant Art Basel et Liste)
LE BASEL ART CENTER (A TROIS MINUTES A PIED D’ART BASEL)

YIA ART FAIR#11 – paris
55 Galeries / 250 artistes représentés / 2 000 m2 d’exposition
Du 19 au 22 octobre 2017 (Pendant la FIAC)
LE CARREAU DU TEMPLE (QUARTIER LE MARAIS)

En savoir plus : http://yia-artfair.com/

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Le Printemps de Dauphine 2017 au Marché aux Puces : de l’art et encore de l’art / Derniers jours !

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Jusqu’au  23 avril 2017, attention ça finit ce week-end,  venez découvrir « Le printemps de Dauphine ». Le principe est simple : un marchand, un artiste. L’opération est sympathique et originale : un marchand, un artiste. Plus précisément chaque marchand accueillera sur son stand un artiste (plasticien, musicien, styliste, poète, artisan d’art…). Dans le cadre de cet événement nous avons choisi de vous présenter quelques marchands et les artistes qu’ils représentent. Venez donc (re)découvrir le Marché aux Puces de la rue Dauphine ! De belles surprises vous y attendent !

Pour débuter la visite arrêtez-vous à la galerie Sebban pour découvrir Monsieur Jamin dont le finissage aura lieu dimanche 23 avril 2017 à 14h. L’année 2017 s’annonce prometteuse pour ce peintre à qui nous avions consacré déjà un article  puisqu’il rentre dans un  musée en juin 2017. L’occasion de permettre à tous d’admirer le formidable travail de cet artiste.

Nous vous en diront plus prochainement mais nul doute que Yoana et Michel Sebban fourniront aux visiteurs toute information utile dès leur visite. Sachez juste que la peinture de Monsieur Jamin prend aux tripes et qu’il se met à décorer les meubles maintenant ! A (re)découvrir absolument. En savoir plus également sur son site.

 

L’autre galerie du marché aux Puces à absolument découvrir, c’est la galerie Stalion qui propose une exposition sur Jean Paul Belmondo. Marc Adage, le galeriste, a choisi de retracer le parcours cinématographique d’un immense acteur. Les différentes facettes de l’acteur et de l’homme sont évoquées : séducteur tout en restant simple, plein d’humour, sportif et homme d’action, Belmondo est aussi un séducteur, que notre galeriste n’hésite pas à comparer à un super héros. Venez donc découvrir les séries de photographies et d’affiches dédiées à l’acteur dans les différentes phases de sa carrière !

Dans un registre totalement différent, Isabelle Delannoy, peintre et galeriste présente une série de peintures poétiques? véritable ode au printemps. Venez découvrir ses délicates compositions florales picturales. La couleur est au centre des préoccupations de l’artiste qui travaille à partir d’une palette restreinte composée de pigments naturels, déclinés jusqu’à l’harmonie désirée, conférant à sa peinture sobre et vigoureuse une ambiance très personnelle. Les couleurs ne sont jamais éclatantes, mais plutôt des nuances, des tonalités, beaucoup de terres, toute la variété des ocres, dans un fondu enchainé savamment orchestré. Isabelle Delannoy monte les couches, alterne le travail en matière et en glacis à la recherche d’un art du figuratif estompé au profit d’un glissement vers l’abstraction, qui donne une touche d’irréalité à ses paysages nimbés de poésie. Voici un aperçu de ses tableaux ici.

 

 

En tant que galeriste, elle a invité la céramiste Pascale Morin sculpteur d’objets d’art, en porcelaine «Inspiré par la nature, entre végétal et minéral, mon travail s’approche de sa structure, de son rythme, de sa composition, de sa vitalité, mais aussi de sa dégénérescence. Pascale Morin définit ainsi sa démarche : «  Je cherche son mouvement, le souffle du vent, l’empreinte de la pluie, la chaleur du soleil, la dureté et la souplesse de la terre, le calme et l’énergie de l’eau, le souffle de l’air… Je cherche l’émotion du vivant. »

Vous pourrez découvrir également les œuvres de Guy Geymann, a choisi de créer principalement des formes humaines et animales qu’il exprime par des volumes purs, exaltés par une surface lisse et polie. Cette appréhension des figures et de la matière, par la netteté des contours et des arêtes, élimine tout attribut accessoire et nous conduit naturellement vers l’essentiel. Les figures de femmes, habitées d’une formidable force vitale, semblent tout à tour danser, s’offrir ou se lover harmonieusement à l’intérieur d’un œuf imaginaire. Ici, chaque objet, chaque animal, chaque être est représenté, débarrassé de sa gangue, résumé à son essence, presque sublimé dans une instantanéité arrachée au temps. Chez ce sculpteur, la lumière qui caresse les courbes ondoyantes ou qui heure les arêtes tranchantes, fait partie intégrante de l’œuvre. Il n’y a pas de frontière entre la matière et l’immatériel, entre la forme et l’esprit.

Enfin, laissez-vous surprendre par les œuvres de NICOLAS DESBONS dont la thématique principale est l’exploration du féminin et du masculin. Dans notre ère tumultueuse où les places, les rôles, les histoires sont bouleversées. Pour l’artiste nous vivons une drôle de période où l’homme cherche sa place tant face à la technologie que vis à vis des femmes dans les remous chaotiques de cette ère qui file toujours plus vite. Voici une ses réalisations, pour en savoir plus, rendez-vous chez Isabelle Delannoy.

 

Les Printemps de Dauphine

Le Printemps de Dauphine est également l’occasion de découvrir …une salle des coffres !

La salle des coffres est un grand ensemble de mobilier de banque et d’éléments de décors, rassemblés par Jean-Paul Jurquet. Le décor 19e et 20e siècle se module à merveille pour recevoir des événements et expositions artistiques mais ce qui frappe c’est le côté hors du temps et mystérieux de cet espace. Quoi de plus mystérieux qu’un coffre ? On veut toujours savoir ce qu’il y a dedans.

Quoiqu’il en soit vous pourrez toujours demander qu’on vous ouvre un coffre, ce qui est à l’honneur dans le cadre du Printemps Dauphine c’est l’exposition photo d’Anaïs Wulf , photographe indépendante qui fut professeur d’histoire de la photographie et de la sémiologie de l’image. Son travail actuel est une série sur les artisans d’art. Vous pourrez découvrir à la salle des coffres ses photographies de modèles prises dans différents pays (Niger, Japon…). Ses photographies qui mettent l’accent sur la présence du modèle s’imbriquent parfaitement dans l’espace de la Salle des Coffres et son ambiance particulière. Voici d’ailleurs un aperçu, laissez-vous surprendre !

Il y a bien sûr beaucoup d’autres galeries et artistes à découvrir, alors tous aux Puces !

Jusqu’au 23 avril 2017, plus d’information sur le site du Marché aux Puces ici : http://www.marche-dauphine.com/

 

 

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Les Prévert en famille au Pavillon Vendôme

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C’est à une exposition riche en émotions que nous convie Eugénie Bachelot Prévert jusqu’au 18 mai 2017, au Pavillon Vendôme, centre des arts  à Clichy la Garenne. Quoi de plus émouvant en effet que de plonger dans une histoire familiale ? Et quand il s’agit d’une lignée d’artistes tels que la famille Prévert, autant dire qu’ on en prend plein le cœur et plein la vue.

Eugénie Bachelot Le Christ au Ventre Rond , 1998, acrylique sur papier peint des années 70, 200 x 150,5

Dans ce lieu chargé d’histoire transformé en centre d’art, l’exposition « Les Prévert en famille » nous offre à voir des œuvres méconnues, inédites et originales. Eugénie Bachelot-Prévert expose aussi bien ses propres peintures, en grand format et riches en couleurs, que les collages de son grand-père, Jacques Prévert, que les travaux originaux de sa mère Michèle (dessins, broderie, illustrations). C’est une lignée où on tombe dans l’art dès l’enfance, d’ailleurs les productions artistiques de ses propres enfants sont également intégrées à cette exposition. Ainsi quatre générations dialoguent, proposent, explorent et nous enchantent. A noter qu’elle fait suite à celle précédemment organisée en décembre 2015 Cité Véron dans l’appartement-musée occupé jadis par Jacques Prévert.

Cette fois-ci Eugénie Bachelot Prévert investit le Pavillon Vendôme pour continuer d’explorer l’héritage artistique familial, de façon pudique et pertinente. Elle nous fait découvrir et partager ses propres découvertes.

Michèle Prévert, sans titre, 1978, gouache sur papier, 50×32

On est saisi par l’explosion de créativité qui se transmet sur plusieurs générations et qui émane des œuvres exposées (que ce soit les études pour textiles de sa mère Michèle présentées pour la première fois ou les cartes collages que réalisait Jacques Prévert pour ses proches ou ses propres toiles qui intègrent la dimension du collage et sa fascination pour le Mexique ainsi que sa passion pour la couleur). Une exposition riche, foisonnante, vivante.

La couleur est partout  et elle vibre : elle irradie des tableaux d’Eugénie comme des études de sa mère Michèle et des collages et dessins de son grand-père, le célèbre Jacques.

Eugénie Bachelot – El Nuevo Mundo – 2016 – Acrylique, collages et huile sur toile – 195 x 130 cm

Cette passion et cette maitrise de la couleur s’expliquent en partie par une enfance bercée celle-ci. Il y a vraiment une filiation entre les œuvres exposées : par exemple les études textiles de Michèle étaient très colorées mais incluaient aussi des petits détails qui les font ressembler à des collages. Les petits détails se retrouvent aussi dans une grande toile d’Eugénie Bachelot où se mêlent la prédominance de la couleur rouge et le foisonnement de petits éléments collés (voir photo).

Les correspondances entre les œuvres sont abondantes, tels des fils qui lient et relient les différentes générations, une sorte de constellation familiale artistique. La scénographie de l’exposition semble avoir été pensée comme un va-et-vient entre passé, présent et même futur. Première salle les tableaux d’Eugénie puis les collages de Jacques Prévert, ses dessins, les créations de Michèle Prévert puis à nouveau les créations d’Eugénie. L’histoire ne s’arrête pas, elle se transforme et continue.

Détail amusant, une partie de l’exposition partage une pièce avec une sorte « d’inventaire à la Prévert » (pardon pour le jeu de mots facile) : les innombrables objets dérivés de l’entreprise BIC qui avait son siège social à Clichy la Garenne.

Bon jours Eugénie, Jacques Prévert, 1974, collage sur papier imprimé, 22,7 x 32,2

Ce qui est touchant  c’est que pour réaliser cette exposition Eugénie Bachelot-Prévert s’est donc livré à un véritable travail d’archiviste, plongeant dans des greniers, des archives, déterrant des trésors. Elle a mené un travail conséquent de recherches et de réflexions. Le résultat est enthousiasmant, on ressent le message suivant devant ce vibrant hommage : vive la vie.

Jacques Prévert était proche d’Aimé Maeght. C’est donc tout naturellement que pour la visite guidée du vernissage de l’exposition, elle a souhaité la présence de sa petite-fille Yoyo Maeght qui a fourni un éclairage pertinent et captivant sur les pièces présentées. Galeriemoi a eu la chance d’assister à cette visite et nous proposerons bientôt sur notre chaine You Tube un petit film qui vous permettra de découvrir cette intervention. Vous y apprendrez de nombreuses anecdotes et verrez un aperçu de l’exposition mais le mieux c’est d’y courir.

Jusqu’au 18 mai 2017

Eugénie Bachelot, sera au Pavillon Vendôme pour des visites guidées aux dates et horaires suivants :

·         Le jeudi 20/04 de 14h00 à 16h00

·         Le mercredi 26/04 de 14h00 à 16h00

·         Le vendredi 12/05 de 14h00 à 16h00

 

Le chargé des publics et de l’atelier pédagogique du Pavillon Vendôme vous propose une visite guidée de l’exposition suivie d’un atelier de pratique artistique et de découverte des techniques plastiques en lien avec l’exposition.

·         Samedi 25 mars de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 16h00

·         Samedi 22 avril de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 16h00

·         Samedi 06 mai de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 16h00

 

Renseignements pratiques :

7     rue du Landy 92110 CLICHY
Tél. : 01 47 15 31 61
Ouvert du lundi au samedi de 9h à 18h sans interruption.
Fermé le dimanche et les jours fériés.
office-de-tourisme@ville-clichy.fr
www.clichy-tourisme.fr 

 Accès : métro Mairie de Clichy, bus 54, 74, 138, 174, 274, 341, 340

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Gladiateurs modernes à la Galerie ArtMenPARIS

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Des beaux mecs, de la boxe, des photos en noir et blanc…il serait très facile d’attirer le public avec ces arguments racoleurs autour de l’exposition  Gladiateurs modernes de Piero Pompili qui se tient actuellement à la galerie ArtMenParis  jusqu’au 18 mars 2017.

Mais cela serait bien trop réducteur, cette exposition est bien plus que cela. Elle rend hommage à ces hommes du peuple de Rome, révèle leur passion, leur énergie.  Le tout sublimé par des clichés qui témoignent des grandes connaissances iconographiques et en histoire de l’art de Piero Pompili, photographe italien autodidacte qui a grandi dans le quartier populaire de Borghesiana près de Rome et de sa grande admiration pour ces hommes dont le corps nous parle autant à la vue qu’à l’âme.

Pour expliquer ce point de vue nous allons parler uniquement de deux photos car nous ne souhaitons pas dévoiler l’agréable surprise qui vous attend lors de la visite de cette exposition qui se tient de plus dans un appartement personnel transformé en galerie. N’ayez pas peur de pousser la porte, l’accueil est chaleureux.

Piero Pompili / La depozione

Si l’on prend  un close up de buste de boxeur tel que celui –ci  il ne s’agit  pas seulement de la vue documentaire d’un corps qui s’accorde un répit après un effort intense. Iconographiquement  cela fait songer à une déposition de croix.

Piero Pompili memori da dietro le sbarre

Cette autre photo qui d’un point de vue descriptif présente trois hommes derrière les barreaux avec une composition en triangle grâce au bras levé du modèle, est à la fois belle au sens vernaculaire du terme mais également empreinte d’une composition élaborée, le regard est attiré par les lignes de fuite, on ressent un hommage à la peinture et  impossible de rester insensible à narration : des êtres en cage. Ce n’est pas étonnant si on replace les prises de vues dans le contexte social où elles ont été effectuées. Le plus grand adversaire de ces boxeurs n’est pas un opposant mais bien eux-mêmes avec leurs faiblesses et tentations d’hommes. Elle est également prémonitoire, puisque deux des modèles finirent en prison.

Pour saisir l’intimité de ces hommes plutôt difficiles d’accès et qui n’ont pas l’habitude de poser devant l’objectif d’un photographe il fallait beaucoup de confiance entre Piero Pompili et ses modèles.

C’était possible parce qu’il vient du même milieu qu’eux, connait et comprend les challenges et les tentations de leurs existences et qu’il a côtoyé pendant près de 15 ans ce milieu de la boxe et de la banlieue populaire de Rome.

Il nous donne donc à voir autre chose que la mythologie habituelle du boxeur. C’est pourquoi Piero Pompili a décidé de nous  les donner à voir back stages et non en plein combat.

Piero Pompili est un photographe riche d’une cinquantaine d’expositions. Vous avez jusqu’au 18 mars pour le (re)découvrir.

A noter également la sortie de la monographie de Piero Pompili qui regroupe l’ensemble des photographies exposées « Gladiatori moderni » Editions Bruno Gmunder, disponible aux Mots à la bouche  en avant première et sur Amazon .

Galerie ArtMenParis

64 rue Notre dame de Nazareth 75003 Paris

Exposition jusqu’au 18 mars 2017 sur rendez-vous au : 06 68 20 19 69

 

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