Thomas Van Reghem « Remonter les traces du vent russe. De Kiev au Donbass ukraininen » à la Vitrine 65

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Du 22 février au 4 mars 2017, le vent nous emmènera jusqu’à Vitrine 65 où aura lieu le Solo Show de Thomas Van Reghem. Il s’agira plus précisément de  « Remonter les traces du vent russe. De Kiev au Donbass ukrainien ».

Cette exposition a vu le jour suite à plusieurs séjours de l’artiste, notamment sur la ligne de front du Donbass qui a connu encore  récemment un embrasement militaire inquiétant.  Thomas Van Reghem, né après la chute du bloc soviétique, est passionné par les pays de l’Est, et notamment par l’Ukraine.

Thomas Van Reghem – Auréole passée – 2016 – Technique mixte, cendres emprisonnées entre deux plaques de verre – 120 cm de diamêtre

Transcendant la triviale actualité internationale à l’aide de ses œuvres qui fonctionnent comme autant de témoignages tangibles, sensibles et inspirés,  d’une culture et d’une situation géopolitique complexe, Thomas Van Reghem nous offre un carnet de voyage très personnel , « plastique » et « esthétique », avec une narration se basant plutôt sur des éléments concrets (le feu, la glace, la terre, la cendre, les ruines…) plutôt que sur une abstraction du langage.

La cendre et la terre sont d’ailleurs des matériaux essentiels pour l’artiste, on les retrouve dans la conception de ses œuvres, tout comme le feu, la glace, les ruines et la végétation qu’il incorpore dans ses performances dont on peut voir un aperçu grâce aux photographies de Julia Teti, une amie artiste russe qui l’a accompagné dans son périple.

Thomas Van Reghem – Enlisement de l’incendie (застой огня) janvier 2017 – photo de la performance réalisée avec l’aide de l’artiste Julia Teti (Pavloskaya)

Dans ce récit de voyage,  les mots sont remplacés par un langage pictural faisant écho à toutes les dimensions de ce territoire. Il n’est donc pas seulement question de politique ou de conflits armés mais aussi de mythologie, de chamanisme, de traces, d’empreintes culturelles et mémorielles.

Le travail de Thomas Van Reghem se fait ainsi l’écho de plusieurs réalités qu’il a appréhendées personnellement lors de ses rencontres mettant en avant sa propre expérience et son ressenti.  Autant de paramètres d’approches, de découvertes et de restitutions qu’il nous fait l’honneur de partager avec nous.

Thomas Van Reghem – Concentrés – 2016 – Verre, métal, cendres de passeports, plomb, peinture – 83 cm de diamètre – 12 cm d’épaisseur – Collection privée Jean-Philippe Vernes

Thomas Van Reghem est un grand voyageur. Il cherchait le vent (est-ce-à-dire l’âme ?) sur une terre empreinte de chamanisme. Or il se trouve que pour les chamans, le feu est lié à la transe du voyage. Et ne dit-on pas que le vent attise le feu ?

C’est donc en toute cohérence que l’artiste a créé et laissé une trace de son feu intérieur, soit un peu beaucoup de lui-même sur cette terre ukrainienne. En plus des sculptures, peintures, dessins, l’exposition présentera également les photographies du rituel qu’il a accompli à Kramatorsk, ville située sur la ligne de front et qu’il a choisie pour laisser une trace de son passage.

On sort rarement indemne émotionnellement et  artistiquement d’un séjour en zone de guerre. C’est donc une exposition extrêmement incarnée que nous vous proposons de découvrir.


Comme Rimbaud qui était un aussi grand voyageur que Thomas Van Reghem, préparons donc nos semelles, le vent nous portera à l’Est pour trouver du nouveau.

Renseignements pratiques :

Du mercredi 22 février au samedi 4 mars 2017à Vitrine 65
65 rue Notre Dame de Nazareth 75003 Paris
de 14h à 19h30 et sur rendez-vous du mardi au samedi.

contact@nomadgalerie.com

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Nathalie Auteur