De Nadaï et Zalewski — Génériques

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L’industrie de la décoration exploite comme autant de filons les cultures, arts et patrimoines à la manière de Méphistophélès, incarnation du diable pour Faust, leur garantissant leur démocratisation mais privant le public de la quintessence à l’image du diable, possesseur de l’âme du docteur Faust.

Génériques est une série peinte dont les unités sont constituées selon un système de calques couplés et cohérents entre eux par les mesures ainsi que par une justification en abscisses et ordonnées des pleins et des vides. Ces calques ont pour caractéristiques d’être faits l’un de lignes, l’autre de formes pleines. L’un est rigide, l’autre est organique. L’un est construit, l’autre est spontané. Ce qui nous emmène, en les abstrayant et par un propos régi par une intégration de l’histoire de la peinture à qualifier l’un de constructiviste et l’autre d’expressionniste, et pour cette raison, il est nécessaire de se soustraire de cette histoire afin d’envisager ce travail non pas comme une hérésie ou une adhésion indécise à des mouvements qui n’existent plus.

imageCependant, bien que ce ne soit pas un signe d’appartenance, c’est véritablement une référence qui à ce niveau nous demande cette fois de les considérer l’un comme l’autre réunis et formant un assemblage grotesque, sans logique et dans une condition absurde, qui, tout de suite nous rappelle les propositions de nos grandes et omniprésentes enseignes de la décoration à grande échelle. Celles-ci qui puisent dans notre histoire de l’art ou celle d’autres cultures.

De Nadaï et Zalewski puisent à leur tour dans ce répertoire qui ne se soucie guère des mouvements propos ou âmes de nos chères avant-gardes du XXème siècle. Il est aussi notable que les formats génériques aux couleurs génériques de De Nadaï et Zalewski provoquent bien volontairement la même déception que celle d’un amateur d’art face aux murs des showrooms fortifiés des grandes enseignes. Ce même sentiment induit par les intérieurs de Jacques Tati dans la maison « Modern Style » du fameux Mon Oncle.

Ce travail de vrai peintre nous emmène à considérer notre univers domestique, nos choix et nos automatismes. Sont-ils le résultat de l’emprise de la communication, du jugement sociétal ou tout simplement d’un besoin d’ascèse intellectuelle dans un monde chargé de dires et d’images ?

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À découvrir très prochainement à la galerie r –2

Informations pratiques :
Galerie r-2
125 rue Raymond Losserand 75014 Paris
Métro Plaisance

Horaires : sur rendez-vous
Contact : 06 35 15 69 50

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