Portrait Arnaud Faure Beaulieu / NO MAD GALERIE

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 Portrait Arnaud Faure Beaulieu / NO MAD GALERIE

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Dans la série Portraits de galeristes, voici donc celui d’Arnaud Faure Beaulieu, le fondateur et directeur de NO MAD GALERIE.

Rendez-vous pris dans un café à Nation. Quoi de plus logique que le choix d’une place qui par définition est à la croisée des chemins, quand on dirige une galerie nomade ? Choix conscient ou pas, mais bienvenu. Tandis que je recueille ses réponses, je me dis que j’aimerais beaucoup voir évoluer Arnaud Faure Beaulieu dans son milieu naturel car je devine un charisme évident. Je n’aurai pas à attendre longtemps puisqu’ il m’invite à son vernissage, quelques jours plus tard à La Compagnie. Là, c’est un homme en perpétuel mouvement et effectivement très charismatique  que je retrouve. Ce qui me frappe c’est son énergie positive et son enthousiasme tandis qu’il passe d’un groupe à un autre en toute décontraction.  Je me dis alors qu’Arnaud Faure Beaulieu est un homme heureux de faire ce qu’il fait, en total accord avec lui-même et ses désirs. C’est pourquoi  bien que la tradition soit de choisir une citation pour illustrer les portraits, je ferai ici une exception : c’est  un hexagramme du Yi King, SOUEN, qui s’est imposé. Sa signification ? Vent joyeux et novateur.

Peux-tu exposer ton parcours ? Comment es-tu devenu galeriste ?

J’ai toujours été passionné par l’art en général et par l’histoire de l’art. Au début je m’intéressais surtout aux périodes plus classiques. J’avais et j’ai toujours un grand intérêt pour la seconde moitié du 19e siècle et l’art moderne. Ensuite je me suis intéressé à l’art contemporain. Au moment de choisir une orientation professionnelle, j’ai eu la certitude de vouloir travailler au contact des artistes et de la création. Je cherchais un métier passion. J’ai passé une licence en commerce marketing et un master en marché de l’Art moderne et contemporain (IESA Paris). J’ai choisi de poursuivre ma scolarité à l’IESA jusqu’au Master et cela m’a permis de faire des stages.

Après l’école, j’ai directement créé la NO MAD GALERIE. J’avais envie d’une structure légère, dynamique, proche de ma personnalité, qui serait capable de réagir et de s’adapter en fonction des opportunités et avec laquelle je pourrais créer des collaborations, des partenariats, comme c’est le cas ici avec La Compagnie.

A côté de cela, je co-gère Vitrine-65, une galerie dans laquelle j’organise une exposition de deux ou trois semaines tous les deux mois environ.

Peux-tu nous en dire plus sur  NO MAD GALERIE ? Tu représentes combien d’artistes actuellement ?

Avec la NO MAD GALERIE je représente des artistes en développant avec eux une relation sur la durée, mon but n’est pas de présenter qu’une seule fois le travail d’un artiste mais au contraire de le suivre et d’évoluer avec lui. Mon idée est de créer des expositions qui soient des événements, dans des espaces de galeries ou dans des lieux atypiques mais dans tous les cas en essayant de trouver des atmosphères cohérentes ou qui enrichissent l’univers de l’artiste. Je développe également des collaborations avec des structures qui souhaitent intégrer l’art contemporain à leur univers (La Compagnie, L’Hôtel Marignan des Champs-Elysées par exemple). Il m’a fallu 8 mois pour créer NO MAD GALERIE qui existe maintenant depuis deux ans. J’ai commencé avec 5 artistes et en représente aujourd’hui 8 (François Machado, Bakner, Cyprien Chabert, Thomas Van Reghem, Cheyenne Schiavone, Hervy-Vaillant, Alberto Sorbelli, Thomas James). La galerie a fêté ses deux ans à l’hôtel Marignan cette année en novembre 2015.

Je reçois environ 3 à 4 demandes de collaboration d’artistes par jour.  Je n’ai malheureusement pas assez de temps pour répondre à chacune d’entre elles mais je garde une trace et classe tout ce qu’on m’envoie. Il m’est d’ailleurs arrivé de rappeler un artiste 6 mois après qu’il m’ait fait parvenir son portfolio !

Peux-tu en dire plus sur ton processus de sélection ?

Je fonctionne au coup de cœur. Il faut un discours abouti, un univers riche, des œuvres intéressantes et dont l’esthétique me plait.

As-tu une journée-type ?

Pas du tout. Galeriste est un métier complet où il n’y a pas de routine. C’est une activité chronophage. Je n’ai jamais assez de temps. Le galeriste se situe entre le public, l’artiste, les collectionneurs et les journalistes.

Peux-tu développer sur le métier de galeriste?

Je pense que les artistes attendent de moi je sache mettre en valeur leur univers, leurs œuvres, de la meilleur façon possible et en ayant une vision sur le long terme. Ils attendent bien sûr que des ventes se fassent mais pas seulement. Je dois aussi pouvoir les conseiller à certains moments de leur carrière. C’est mon travail de savoir les encourager à s’engager dans certains projets, mais aussi, parfois, de savoir les freiner dans d’autres qui ne leur seraient pas profitables… Le métier de galeriste est encore plus complet que ce que j’avais imaginé. Il est d’autant plus enrichissant du fait que l’on doive apprendre à se renouveler en permanence !

Quelles sont d’après toi les qualités requises pour exercer ce métier ?

Il faut des capacités relationnelles, managériales, des connaissances culturelles ainsi qu’une bonne sensibilité artistique. Il est nécessaire d’être organisé et surtout motivé. Le galeriste prend des risques, il a des responsabilités et effectue un investissement. Il y a des dépenses incontournables dont les gens ne se rendent pas forcément bien compte. Mais il faut savoir être audacieux, et aimer les paris !

Et pourquoi ,toi, tu apprécies de faire ce métier ?

Parce qu’il me permet de faire ce que j’aime. Parce que c’est passionnant de travailler avec les artistes, d’être surpris par leurs créations, de les représenter et de voir la réaction du public. Etre galeriste, c’est un état d’esprit, un renouvellement permanent, une réinvention personnelle de tous les jours, une mise en danger grisante aussi. Lorsque tu exerces ce métier tu ne t’ennuie jamais, tu apprends sans cesse, tu te sens vivant.

Merci Arnaud !

Arnaud Faure Beaulieu - Frederic polleti
© Frédéric Polleti

Pour finir un petit portrait chinois :

  • Quel est ton livre, film, musique préférés ? Pour les livres ça va de « L’œil du silence » de Marc Lambron qui parle de la vie de la photographe américaine Lee Miller, un livre tout simplement incroyable et une vie hors du commun, à « Mémoire de deux jeunes mariées » de Balzac. Mais je pourrais citer aussi « Les Rayons et les Ombres » de Victor Hugo, la trilogie de Max Gallo sur Napoléon (j’aime les destins hors du commun) et plus récemment « Je suis Pilgrim » de Terry Hayes, un thriller haletant… mais il y a en aurait tellement d’autres… Je suis un vrai cinéphile alors là aussi la question est compliquée, mais disons, entre autre, « Eyes Wide Shut » de Stanley Kubrick, pour son ambiance et son esthétique ! Mais il y a aussi « Un Homme et une Femme » de Claude Lelouch ou encore « Le chat et la souris » et même « L’aventure c’est l’aventure », car je dois dire que je suis un grand fan de Lelouch. Il y aurait aussi Luc Besson avec « Léon » et « Le Cinquième Elément », « Blow Up » d’Antonioni, « Vanilla Sky » de Cameron Crowe… et tellement d’autres. Vous voyez c’est très difficile de n’en citer que quelques-uns ! Et pour la musique c’est pire, j’écoute presque de tout, surtout du rock (jusqu’à Kurt Cobain), Black Sabbath, The Doors, Motley Crue… dans la Pop je suis un vrai fan de Michael Jackson et Queen… dans un autre style, un son comme celui de Dead Can Dance aussi. Pour les groupes plus récents, je citerais Massive Attack, Air… mais j’écoute aussi de la musique classique (Debussy, Satie, Ravel, Mendelssohn, Vivaldi, Verdi, etc…) et puis aussi beaucoup de Techno et plus généralement de la musique électronique (Lusine, Alex Smoke, John Tejada, Steve Bug, Dominique Eulberg, etc…)
  • Quel est ton personnage historique préféré ? Qu’on l’aime ou qu’on le déteste pour l’instant c’est Napoléon qui m’a le plus marqué, pour son destin exceptionnel. Il y a un élan poétique dans sa vie qui est particulièrement intéressant, et il en avait conscience.
  • Quelle est ton œuvre d’art préférée ? C’est une question très difficile, Il y en a tellement… Dune in Zeeland » ou « Church Tower at Domburg » de Mondrian. Une sculpture de Renato Nicolodi (Galerie Ron Mandos) ou une photo de Lonneke de Groot (Galerie Ron Mandos).
  • Quelle est ta ville préférée ? Pour l’instant c’est Paris malgré ses défauts (que l’on subit quand on y vit) et juste après je dirais Budapest.
  • Que peut-on te souhaiter pour 2016 ? Je laisse le choix aux gens qui voudront me souhaiter quelque chose de décider !




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