Lord Wilmore des plateaux de tournage à l’art contemporain

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Lord Wilmore and two fishes

La chanson de ce portrait est Indochine – Monte Cristo :

Monte Cristo de Valparaiso
larmes et des sanglots, au fond du cachot
Monte Cristo de Valparaiso
Mains derrière le dos, avec toi là-haut


Lord Wilmore
JP LACUBE

Note : Tout le passage entre guillemets et en italique de cet article a été écrit par Lord dans l’optique de le laisser se présenter par lui-même. « Lord Wilmore est un projet artistique global : rock, cinéma, et artwork contemporain. Les littéraires auront reconnu l’un des personnages du roman « Le Comte de Montecristo » : Lord Wilmore étant une des identités du comte lorsque qu’il fait le bien.

Quant à l’artiste Lord Wilmore, il se veut un personnage proche des gens simples et ne se pose aucune limite dans aucun domaine que ce soit. Car nous sommes toutes et tous notre propre œuvre d’art.

L’ambition artistique de Lord Wilmore est de poser sans cesse la question « l’identité est-elle un leurre ? » et éventuellement de proposer des pistes de réponses sans en valider aucune.

Son travail de peinture contemporaine est photographique et digital, le rendu imprimé en grand est relativement pixellisé. L’identité ou la non identité est concrétisée dans une des series en cours par un personnage : le bow tie duck, sorte de canard sans yeux, ni bec ni bouche mais avec un noeud papillon. bowtieduck

Ce qui est surprenant avec ce personnage, c’est que, bien que sans traits, il a une étonnante capacité à projeter le spectateur dans l’oeuvre. Lord l’a découvert un peu par hasard, comme Peyo a sans doute vu surgir un Schtroumpf au détour d’une case de Johan et Pirlouit, ou comme Geluck a vu surgir son chat sur une de ses cartes de vœux. Le style de Lord Wilmore est un mélange d’abstraction, de pop art, de figuration narrative, de psychédélisme et de surréalisme ».

Il a répondu avec nos questions en toute franchise et nous le remercions du temps qu’il nous a accordé.

Comment passe-t-on des plateaux de tournage à l’univers de l’art contemporain ? Si on ne croit pas au destin, alors la réponse est : complètement par hasard.

Lord était en visite chez ses beaux parents. Ils venaient de s’acheter une tablette numérique. Lord a mis le doigt dessus, a découvert des petites icônes… et a commencer à s’amuser comme un petit fou. De retour chez lui, il a continué, et c’est tout de suite devenu vital. Des centaines d’œuvres plus tard, Lord a désormais une tendinite dans le bras. Mais, malgré le conseil de ses médecins, il ne se résout pas à s’arrêter, même de façon temporaire. L’appel de la création est irrésistible, et ce, dès 7 heures 30 du matin. Lord doit à la précision, qu’outre la sortie de son album rock (en 2016), les plateaux de tournage pourraient le voir revenir assez rapidement, puisqu’il a deux long-métrages en financement (avec Picseyes Production Paris)

Vfor vctory

Pouvez-vous nous dire ce qui a été à l’origine de votre déclic ? Le médium lui-même : la tablette numérique et ses applications. La certitude que nous étions fait l’une pour l’autre. Le plaisir de pouvoir enfin réaliser toutes les idées sans entraves. La certitude que ça ne serait pas un calvaire mais bien une joie. Cette découverte a été rien moins que fulgurante.

Avez-vous suivi un cursus de formation particulier ou êtes-vous autodidacte ? Mis à part des études post bac + 4 de réalisation cinéma, un diplôme de dactylographie, et un autre diplôme en soins palliatifs, Lord Wilmore est 100 % autodidacte. Que ce soit d’ailleurs en musique ou en peinture.

Avez-vous déjà exposé ? Hormis sur facebook, non. Mais ça va se faire en Ukraine en mars 2016, et en Chine un peu plus tard dans l’année. Peut-être aussi à Paris, mais Lord n’est pas certain que ça soit une bonne idée à ce stade. Il va aussi tenter des choses à Bruxelles, dans son pays d’origine.

Avez-vous une méthode pour contacter les galeristes et leur proposer votre travail ? Lord Wilmore a cru en avoir une : un simple envoi par mail. 3 galeries contactées (une petite, une moyenne, une grosse)… zéro réponse. A l’époque, les bow tie ducks n’existaient pas encore. Et il était peut être trop tôt pour démarcher. Après, Lord a essayé une autre technique sur une seule galerie de taille moyenne : une technique plus… théâtrale. Lord a envoyé un émissaire, son fidèle Bertuccio, émissaire qui ressemblait à un homme de main terrifiant pour porter le book de sa lordship. Le galeriste ayant gentiment un peu baladé Lord par la suite (genre « je vous ferai signe si je fais une expo itinérante etc… »). … il en résulte un court métrage trash de 5 minutes, réalisé par la fille de Lord, ça s’appelle « Lord Wilmore : opération galerie ». Le résultat est hilarant … mais il sera gardé dans un coffre, … tellement le film roule la galerie dans la farine. Ce serait trop contre productif. Lord a un esprit de revanche terriblement ardu à gommer mais n’est pas suicidaire pour un sou. Depuis, Lord n’a strictement rien tenté. Mais, comme on va le voir juste après… c’était peut être la meilleure chose à faire.DONTFUCWITHME

Avez-vous eu des contacts avec des galeristes ? Si on excepte l’infortuné anti héro involontaire d’ « Opération Galerie », non, pas en France. Par contre, après s’être décidé de publier certaines choses sur facebook, en l’espace de deux mois Lord a eu la surprise d’être contacté par un galeriste chinois avec qui il vient de signer un contrat de représentation pour la Chine. La même chose vient de se reproduire il y a quelques jours : avec des ukrainiens, qui souhaitent représenter Lord Wilmore, en tant qu’artiste total sur le territoire ukrainien.

Comment tout cela s’est-il déroulé ? Quels débouchés/ résultats ? Lord n’a rien demandé. Il a juste été contacté. Résultats : deux contrats de représentation et la possibilité d’être exposé.

Quels conseils souhaiteriez-vous pour faire davantage connaître votre travail ? … que quelqu’un prenne le temps de lui expliquer, s’il y en a, les codes de ce monde mystérieux et opaque. Tant qu’à faire une rime, Lord Wilmore aimerait surtout pouvoir rencontrer de grand galeristes comme Nathalie Obadia ou… Thaddaeus Ropac. En costume de Lord, naturellement. Et dans, le fond si il est tout à fait honnête, Lord aimerait qu’ils l’appellent. C’est le rôle d’un galeriste de repérer un artiste, pas l’inverse. Le boulot de l’artiste c’est de créer puis d’assurer le spectacle.

colorstrom

Celui de galeriste c’est de découvrir l’artiste, d’échanger avec lui pour le faire progresser et l’exposer pour faire avancer l’humanité ou son compte en banque, ou les deux.

Lord Wilmore in the snow
JP LACUBE

Pour finir un portrait chinois :

Votre film préféré ? Il était une fois en Amérique de Sergio Leone et Hot fuzz d’Edgar Wright.

Votre couleur préférée ? le bleu Klein.

Votre œuvre d’art préférée ? « The second battle of Mc Allister Run they are pursued » d’Henry Darger. (from the saga The Story of the vivian girsl in the realms of the unreal)

Votre ville préférée ? Paris !

Que peut-on vous souhaiter pour 2016 ? … une bonne santé.

 

Plus d’oeuvres de l’artiste sur Instagram ici / toutes les reproductions des oeuvres de Lord Wilmore proviennent de son compte Instagram où vous pourrez en découvrir davantage.

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